Selon Novethic, le marché de l’ISR est passé de 3,9 à 169,7 milliards d’euros en dix ans. La conversion des fonds a été le principal moteur de cette progression. En 2013, la croissance des encours ISR a ralenti (+ 14 %, contre + 29 % en 2012). Les fonds actions représentent environ 30 % des encours ISR, la classe d’actifs ayant notamment bénéficié d’un effet marché. Funds s’interroge sur l’intérêt pour la gestion actions ISR : Que recherchent les investisseurs ? La clientèle privée est-elle plus sensible à l’ISR que par le passé ? Comment choisir entre les différentes approches ISR ? Les processus de gestion ont-ils évolué ? La généralisation des critères ESG dans la gestion traditionnelle joue-t-elle en faveur de la gestion ISR ? Après deux années de hausse des marchés actions, ces fonds ont-ils finalement démontré qu’ISR et performance n’étaient pas inconciliables ?
ISR et généralisation des critères ESG
Funds : Quels sont les objectifs de l’ISR ? Constate-t-on une évolution du type de clients intéressés par ce type de gestion ?
Dominique Blanc, directeur de la recherche, Novethic : D’un point de vue statistique, nous constatons des évolutions fortes et des grandes catégories d’investissement responsable. Les objectifs des institutionnels sont divers. Les plus matures évoluent vers une intégration des critères ESG directement dans leur gestion financière, laquelle vise à gérer les risques de long terme. Promouvoir le développement durable, un concept quelque peu galvaudé aujourd’hui et pour lequel l’ISR n’a pas encore donné des gages de performance extra-financière, n’est plus l’objectif premier des investisseurs responsables. Ces derniers s’orientent non plus vers des approches ISR stricto sensu mais plutôt vers une démarche d’intégration de critères ESG de plus en plus structurée. Cette démarche est assez conséquente en volume puisqu’elle s’applique à l’ensemble des actifs chez ces investisseurs et non plus à quelques fonds isolés.
Parmi les investisseurs qui se sont historiquement tournés vers l’ISR pour promouvoir un modèle de développement durable, il demeure une minorité qui poursuit toujours cet objectif et a fait évoluer son modèle du «best in class» vers des modèles combinés qui associent la sélection ISR des titres en portefeuille à un engagement actionnarial auprès des entreprises, ou encore qui déploient des outils pour évaluer l’impact concret de l’ISR sur son portefeuille, par exemple en matière d’émissions de CO2.
En Europe du Nord, où l’investissement responsable s’est développé avec...