Dans un environnement de taux bas et de marchés actions plutôt bien valorisés, à l’exception des marchés émergents jugés plus risqués, comment gérer un fonds diversifié ? Quels sont les principaux risques de marché ? Où sont les opportunités d’investissements ? Comment l’offre en matière de fonds diversifiés a-t-elle évolué ?
Le comportement des marchés
Florence Barjou, responsable de la gestion multi-assets, Lyxor AM : Comme de nombreux gérants, nous avons été surpris par le comportement des obligations. Nous nous attendions à une poursuite de la hausse des taux aux Etats-Unis alors qu’ils ont continué à baisser en dépit d’un renforcement de la croissance. En 2013, les actions ont généré l’essentiel de notre performance mais, cette année, le défi a consisté à revenir sur les obligations et à gérer le risque actions. Nous avons réussi à nous ajuster correctement.
Sur la partie actions, nous avons amorcé l’année avec une vue plutôt neutre sur les Etats-Unis et positive sur l’Europe. Ce positionnement s’est inversé à mesure que s’accumulaient les déceptions sur la croissance dans la zone euro. Aujourd’hui, en dépit de valorisations plutôt élevées aux Etats-Unis, nous considérons la zone comme la plus sûre et comme une valeur refuge compte tenu des perspectives de croissance. En fait, si l’on raisonne en termes de rendements anticipés ajustés du risque, nous sommes dans une situation un peu atypique où nous privilégions le marché le plus cher.
Malik Haddouk, directeur des gestions diversifiées et convertibles, CPR AM : La baisse des taux des obligations d’Etat nous a tous surpris. Au-delà des incertitudes sur le potentiel de croissance de l’économie mondiale, nous sommes surtout inquiets de la persistance des forces déflationnistes dans le monde malgré les politiques d’assouplissement quantitatif. Au Japon, la Banque centrale a annoncé récemment une augmentation de son programme de rachats d’actifs pour lutter contre ces forces déflationnistes, car les objectifs en matière d’inflation ne sont pas atteints.