Au-delà des déclarations d’intention et de l’adhésion à des grands principes, quel rôle peuvent jouer les sociétés de gestion dans la lutte contre le réchauffement climatique et la transition écologique ? Comment prendre en compte ces enjeux dans la construction d’un portefeuille ? Comment expliquer autant de disparités dans les approches proposées ? Quelles sont les évolutions réglementaires qui permettent une meilleure lecture de l’offre ? Peut-on concilier transition écologique et performance financière ? Si les investisseurs institutionnels se sont déjà emparés du sujet, comment sensibiliser la clientèle privée ?
- Comment la gestion d’actifs s’est-elle emparée du sujet de la transition écologique ? Comment des enjeux planétaires sont-ils devenus des thèmes d’investissement ?
- Les contraintes imposées par les régulateurs ou la perspective de sanctions économiques et financières motivent donc les entreprises…
- Avez-vous constaté une évolution dans l’appréhension et la compréhension des sujets par les investisseurs autres qu’institutionnels ?
- Cet intérêt croissant des investisseurs aussi bien institutionnels que particuliers reste-t-il très européen ? Le sujet est-il principalement porté par les asset managers européens ?
- Pourquoi sont-ils plus réticents ? Sont-ils toujours convaincus que les produits responsables génèrent moins de performance ?
- Justement, vous évoquez la nécessité de simplifier ces sujets, mais en parallèle, l’industrie et les investisseurs sont confrontés à une multitude de labels en Europe, une refonte du label français dont les contours ne sont pas encore arrêtés, des déclass
- Depuis quelques mois, les CGP et les distributeurs sont confrontés aux questionnaires de préférences de durabilité que les clients doivent remplir. Cela suppose quand même qu’ils soient à l’aise avec toutes ces notions pour en parler aux clients. Interrog
- Il faut donc se fier à un label, Greenfin ou ISR…
- Êtes-vous satisfait des contours du nouveau label ISR ?
- Le Label Greenfin est celui qui incarnerait le mieux l’objectif de transition écologique et d’impact ?
- Passer tous les fonds en article 8 et article 9 comme cela a été évoqué précédemment, n’est-ce pas une réduction trop importante des univers d’investissement ? Une contrainte trop importante en termes d’offre de produits et de sélection de valeurs ?
- Pour revenir à l’enjeu du climat, quels sont les secteurs et les valeurs qui y répondent le mieux ? Que recherchez-vous comme sociétés, celles qui apportent des solutions, celles qui sont en transition ?
- Dans le choix d’un fonds ou d’une stratégie qui adresse la transition écologique, que ce soit à travers le climat ou la biodiversité par exemple, le client s’interroge-t-il sur la performance du produit comme il le fait pour un produit classique ? Faut-il
Les intervenants :
- Bassel Choughari, gérant, Montpensier Finance
- Jean-Philippe Desmartin, directeur de l’investissement responsable, Edmond de Rothschild AM
- Edmond Schaff, gérant et responsable ISR, Sanso IS
Comment la gestion d’actifs s’est-elle emparée du sujet de la transition écologique ? Comment des enjeux planétaires sont-ils devenus des thèmes d’investissement ?
Jean-Philippe Desmartin : La question du climat et de l’écologie s’inscrit dans toutes les démarches responsables mises en place depuis des décennies. En 1987, le rapport Brundtland définit le développement durable d’un point de vue global et macroéconomique et pose la question des équilibres d’un point de vue social et environnemental. Depuis, les acteurs économiques tels que les entreprises et les investisseurs se demandent comment mettre en œuvre ce développement durable. Ces acteurs ont progressivement intégré ces facteurs ESG. Le concept de transition écologique a quant à lui pris tout son sens avec l’Accord de Paris de 2015, qui pose le grand challenge de décarboner une économie mondiale aujourd’hui carbonée à 80 %, le plus rapidement possible en raison de l’urgence climatique.
Edmond Schaff : La transition énergétique, qui concerne plutôt la question du climat, ou la transition écologique, qui englobe aussi l’ensemble des limites planétaires, les impacts sur la biodiversité, etc. sont des questions qui concernent la société dans son ensemble : tous les acteurs, qu’ils soient politiques, économiques ou citoyens, mais aussi le secteur financier dans son ensemble – banques, assureurs et gestionnaires d’actifs – ont un rôle à jouer. Les gestionnaires d’actifs se sont emparés de cette question et se sont mis à l’intégrer dans leurs processus d’investissement. A notre échelle, nous pouvons faciliter le développement des entreprises et des émetteurs ayant des projets qui vont...