La croissance mondiale ralentit, les tensions sino-américaines sont loin d’être apaisées, la prudence est de mise dans la zone euro et les incertitudes demeurent sur la croissance chinoise.• Comment gérer une allocation d’actifs dans le contexte actuel, notamment après le rebond de début d’année ?• Comment avoir des portefeuilles bien diversifiés sans prendre trop de risques ?• Quelle part allouée aux actions ? Aux obligations ?• Où trouver des actifs décorrélants ? Quels instruments privilégiés pour s’exposer aux différentes classes d’actifs ?• Comment convaincre les investisseurs de revenir sur une classe d’actifs qui déçoit globalement depuis un an ?
- Après une année 2018 compliquée, le rebond des marchés a été rapide en début d’année. Quel bilan faites-vous de ce premier semestre ?
- L’économie américaine suscite beaucoup de questions depuis 2018 : la fin du cycle économique, la volte-face de la Fed, les négociations commerciales, etc. A cela s’ajoute désormais l’entrée en campagne de Trump pour sa réélection. Quelle vision avez-vous
- En début d’année, la zone euro était la grande absente des allocations d’actifs. Le sentiment des investisseurs envers les actifs européens, et plus particulièrement les actions européennes, a-t-il évolué ?
- Le recours croissant aux options et à la convexité constitue-t-il un des changements majeurs de la gestion diversifiée ces dernières années ?
- Il y a eu de la diversification dans les actifs illiquides, mais aussi l’intégration de stratégies alternatives dans certains fonds diversifiés. Est-ce le cas pour les fonds que vous gérez ?
- Que peut-on espérer comme rendement en investissant dans des fonds diversifiés dans une perspective moyen/long terme ?
Après une année 2018 compliquée, le rebond des marchés a été rapide en début d’année. Quel bilan faites-vous de ce premier semestre ?
Dans quel contexte macroéconomique évoluons-nous ? Avec quelles conséquences sur les différentes classes d’actifs ?
David Taïeb, directeur de la gestion diversifiée et de l’épargne salariale, CM-CIC Asset Management : Le rebond des marchés en début d’année a été aussi violent que la baisse de fin 2018. Sur un an glissant, les marchés sont donc presque stables. Le ralentissement économique a été important fin 2018, puis a été suivi d’une stabilisation des indicateurs macro. Néanmoins, depuis quelques semaines, nous constatons une nouvelle dégradation sur l’ensemble des zones. Elle se vérifie à la fois à travers les chiffres manufacturiers comme la production industrielle, aussi bien en Allemagne, en Chine qu’aux Etats-Unis, que sur des indicateurs plus «retail» comme les ventes au détail alors que, jusqu’à présent, ces indicateurs étaient assez résilients. L’évolution du contexte économique s’illustre également par un changement des politiques monétaires, avec une baisse des taux qui se dessine. Les taux américains sont descendus en dessous des Fed Funds, ce qui est assez inquiétant. Même chose avec la dette allemande qui est passée en territoire négatif. L’environnement de taux reflète donc une situation économique incertaine. En outre, les devises sont en train d’accompagner ce même mouvement. Des devises plus cycliques comme le dollar australien qui abandonne de sa valeur face au dollar américain ou face à l’euro. Seuls les marchés actions n’ont pas encore validé ce scénario, car ils réagissent au soutien des banques centrales qui communiquent régulièrement depuis le début de l’année. D’autant que certains risques potentiels comme le Brexit et les élections européennes ont été un peu effacés.