Après une année 2022 complexe, marquée par la corrélation des marchés actions et obligataires, la gestion diversifiée retrouve un environnement boursier plus favorable. Si la remontée des taux d’intérêt redonne des marges de manœuvre sur la poche obligataire, de nombreuses incertitudes demeurent quant au contexte macroéconomique pour le deuxième semestre. Funds s’interroge sur l’approche à adopter pour bâtir un portefeuille diversifié, résilient et performant. Qu’attendre de l’environnement macroéconomique au second semestre? L’inflation est-elle maîtrisée? Peut-on anticiper une normalisation des politiques monétaires des banques centrales? Anticipez-vous une récession aux Etats-Unis et en Europe? Actions, obligations : quelle poche recèle le plus de valeur aujourd’hui? Les rendements obligataires sont-ils attractifs? Quels segments vous semblent les plus attrayants? Pour la partie actions, faut-il revenir sur les segments de croissance et de qualité? Quelle zone privilégier pour les prochains mois? Le monétaire retrouve-t-il un rôle à jouer? Où trouver des actifs de diversification? Comment regagner la confiance des investisseurs?
- L’inflation est-elle maîtrisée ? A quoi s’attendre en matière de politique monétaire ?
- Les résultats des entreprises ont surpris par leur robustesse jusqu’à présent. Anticipez-vous une récession aux Etats-Unis et en Europe ?
- Où voyez-vous le plus de valeur sur les marchés ?
- Globalement, les obligations jouent de nouveau leur rôle…?
- Le monétaire retrouve-t-il une place dans les portefeuilles ?
- Europe, Etats-Unis : quel marché actions privilégiez-vous pour le second semestre ?
- Quels types de valeurs recherchez-vous ?
- Investissez-vous dans d’autres marchés actions?
- Quels actifs utilisez-vous pour amener de la diversification dans les portefeuilles?
- Les gestions diversifiées peinent à regagner la confiance des investisseurs : pourquoi? Le succès des stratégies alternatives peut-il être un facteur explicatif ?
- On pourrait imaginer que la gestion diversifiée intègre une part de non coté ?
Les intervenants :
- Anthony Lapeyre, directeur de la gestion diversifiée, Amplegest
- Xavier Laurent, responsable multigestion et gestion pilotée, Federal Finance Gestion
- Julien-Pierre Nouen, directeur des études économiques et de la gestion diversifiée, Lazard Frères Gestion
- Elsa Fernandez, product specialist de la gamme Valor, Rothschild & Co AM
- Loïc Bécue, gérant gestion diversifiée et allocation d’actifs, Sienna Gestion
L’inflation est-elle maîtrisée ? A quoi s’attendre en matière de politique monétaire ?
Loïc Bécue - Nous sommes convaincus que l’inflation va baisser, ne serait-ce que parce que les banques centrales œuvrent en ce sens. Cela se perçoit déjà sur l’indicateur global et nous commençons à en voir les prémices sur l’inflation core. Ce mouvement devrait s’accélérer en raison de la baisse du prix des matières premières. De ce fait, nous pensons que nous sommes arrivés à la fin du cycle de remontée des taux d’intérêt. Du côté de la Fed, nous nous attendons à une pause pour la prochaine réunion mi-juin, pour aboutir sur un taux terminal de 5-5,25 %. Du côté de la BCE, de façon consensuelle, nous nous attendons à deux nouvelles hausses de taux, au mois de juin puis en juillet, pour arriver à des niveaux de 3,50-3,75 %.
Julien-Pierre Nouen - Rappelons qu’il y a un peu plus d’un an, les taux courts aux Etats-Unis étaient à zéro et qu’aujourd’hui, nous sommes au-dessus de 5 %. Nous commençons à ressentir les effets de ce resserrement sur l’économie, qui est en train de faire basculer l’économie américaine en récession. Cette situation devrait finalement résoudre la question de l’inflation. Aujourd’hui, sur les trois éléments de l’inflation core, l’inflation des biens est revenue à la normale et l’inflation du logement commence à se retourner. Par contre, sur l’inflation des services hors logement, nous demeurons sur des hauts niveaux du fait de salaires élevés liés à un marché du travail très tendu. La logique économique nous dit qu’une récession entraîne une détente du marché du travail et donc des pressions salariales, ce qui génère une normalisation de l’inflation. Il reste à savoir combien de temps cela peut prendre.