Après avoir rencontré un vif succès auprès des investisseurs ces dernières années, la gestion thématique n’a pas été épargnée par la baisse des marchés en 2022. Certaines thématiques très orientées croissance ou ayant une forte composante technologique ont été arbitrées au profit de thématiques liées à la transition énergétique ou à la gestion de l’eau. Alors que le contexte de récession ne plaide toujours pas en faveur des actifs risqués, Funds s’interroge sur la place à accorder dans un portefeuille à ces fonds thématiques. Comment sont-ils conçus ? Ont-ils tous un biais croissance ? Comment s’assurer de la pureté d’un thème ? Comment appréhender les nouvelles thématiques à la mode (économie bleue, hydrogène, métavers…) ? La gestion thématique est-elle le meilleur moyen d’adresser des objectifs de développement durable ?
- 2022 a été une année très difficile sur les principaux marchés financiers, et la gestion thématique n’a pas été épargnée. Les encours des fonds thématiques sont pourtant restés relativement stables. Les clients investis dans ces fonds sont-ils plus résili
- Comment définissez-vous la gestion thématique ? Doit-elle être multisectorielle ?
- Faut-il recourir à des experts indépendants pour bien appréhender les enjeux de certaines thématiques ?
- Comment un investisseur peut-il s’assurer de la pureté d’une thématique ? Les lancements se multiplient, parfois plusieurs, sur la même thématique à la mode, comment s’y retrouver ?
- Un appétit plus faible pour les actions remet-il en cause l’intérêt pour la gestion thématique ?
- La gestion thématique est-elle le meilleur moyen d’adresser des objectifs de développement durable (ODD) ? Pour avoir de l’impact, faut-il privilégier des fonds thématiques ?
Les intervenants :
- Nathalie Pelras, directeur de la gestion, Fourpoints IM
- Jacques-Aurélien Marcireau,co-responsable de la gestion actions, Edmond de Rothschild AM
- Bassel Choughari, gérant, Montpensier Finance
- Arnaud Chesnay, gérant, Athymis Gestion
2022 a été une année très difficile sur les principaux marchés financiers, et la gestion thématique n’a pas été épargnée. Les encours des fonds thématiques sont pourtant restés relativement stables. Les clients investis dans ces fonds sont-ils plus résili
Nathalie Pelras : Chez Fourpoints, en gestion thématique, nous avons deux offres : un fonds bien lisible sur les thématiques du bien-être de l’homme et la préservation de la planète, et un mandat de gestion qui peut investir dans tous types de fonds actions thématiques. Sur l’année 2022, les performances du fonds et du mandat de gestion sont globalement identiques. En revanche, les principaux contributeurs de performance sont totalement différents. On constate toutefois que toutes les thématiques avec un biais croissance et donc investies dans des entreprises ayant des niveaux de valorisation élevés ont plus souffert du contexte de hausse des taux. Mais les clients ont assez bien supporté cette baisse, car ils ont adhéré à une approche thématique qui s’inscrit sur le long terme. On ne peut pas investir dans la gestion thématique pour du court terme ! Une thématique n’est pas conjoncturelle, même si dans un mandat, il est possible d’arbitrer entre les thématiques en fonction de l’aversion au risque et du niveau de cyclicité du marché.
Jacques-Aurélien Marcireau : Toutes les gestions thématiques ont pour point commun la capacité à aider les investisseurs à se projeter sur le temps long. Un investisseur peut, par exemple, être sensible à la thématique du changement climatique, et donc investir dans des sociétés capables d’apporter des solutions sur la durée. Si la gestion thématique est bien mise en œuvre et bien expliquée aux clients, elle doit permettre de traverser des périodes comme celle que nous avons connue l’an dernier.