Dans un contexte de reprise économique généralisée dans les pays développés, Funds s’interroge sur l’intérêt d’investir dans les obligations à haut rendement. Comment se comporte la classe d’actifs depuis mars 2020 ? Bénéficie-t-elle de flux favorables ? Le high yield profite-t-il du redémarrage de l’économie ?
- Comment s’est comportée la classe d’actifs depuis la crise du Covid-19 ?
- Toutes les conséquences de la crise du Covid-19 et des différents confinements sont-elles déjà visibles ? Ne risque-t-on pas de voir d’autres défaillances d’entreprises après le redémarrage de l’économie ?
- Le marché primaire est-il dynamique ? Quelles sont les caractéristiques des émissions ?
- Les investisseurs ont-ils de l’appétit pour la classe d’actifs ? Le rendement est-il attractif ?
- La classe d’actifs pâtit-elle d’arbitrages entre actifs risqués, plutôt au profit des actions ?
- Qu’en est-il des investissements verts dans la classe d’actifs ? Comment abordez-vous les enjeux liés à l’investissement responsable ?
- Pratiquez-vous des exclusions de secteurs ?
- Où se trouvent les opportunités d’investissement en termes de secteurs ou de pays ?
- Quels sont les atouts des fonds à échéance pour investir dans la classe d’actifs ? A quel type d’investisseurs sont-ils destinés ?
Comment s’est comportée la classe d’actifs depuis la crise du Covid-19 ?
Frédéric Salomon
Comme toutes les classes d’actifs risquées, le marché du high yield a touché un point bas en mars 2020. Par la suite, nous avons connu une période de resserrement des spreads jusqu’à aujourd’hui. Les injections de liquidités des banques centrales ont joué un rôle crucial et soutenu les marchés, la baisse des taux ayant déclenché une chasse aux rendements favorable à la classe d’actifs. Le marché du high yield s’est comporté comme le marché des actions mais avec une moindre volatilité, les soubresauts ont été plutôt rares.
Maud Bert
Contrairement à la période 2007-2008, peu de défauts ont été constatés durant cette crise grâce aux plans de relance mis en place par les différents gouvernements. Ces plans ont sauvé de nombreuses entreprises. En mars 2020, le marché anticipait 50 % de taux de défaut alors qu’aujourd’hui nous sommes sur des niveaux historiquement bas.
Frédéric Salomon
En effet, les défauts n’ont pas atteint les niveaux de 2008. En revanche, les niveaux de recovery ont été très au-delà des 40 % habituels. Nous pouvons citer Vallourec, Europcar ou Hertz, dont les recoveries ont été au-delà de 90 %.
Edouard Faure
Aux Etats-Unis, les défauts ont été concentrés sur le secteur de l’énergie, qui a représenté environ 30 % des défauts. Retraité de ce secteur, le taux de défaut est autour de 5 %, ce qui est plus acceptable.
Frédéric Salomon
Les projections de défaut sont désormais clairement orientées à la baisse. En Europe, ce taux pourrait revenir, d’ici à la fin de l’année 2021, autour de 2 %, et aux Etats-Unis converger vers 4 %,...