La crise sanitaire a accéléré la mutation des usages pour l’ensemble des classes d’actifs de la sphère immobilière. Dans une ville, qui se veut de plus en plus durable et inclusive, nos experts analysent les évolutions structurelles. Ils présentent également le rôle qu’ils ont à jouer en tant que sociétés de gestion et les adaptations nécessaires.
- Quelles sont les implications d’un confort accru et d’un développement des services dans le résidentiel ?
- Face à l’essor du télétravail, comment doivent évoluer les bureaux ?
- Quels sont les commerces et les actifs logistiques les plus attractifs face à de nouveaux modèles de consommation ?
- Comment résoudre le manque structurel de logements dans une ville qui se veut plus inclusive ?
- Murs d’écoles, centres de soins : pourquoi ces actifs sont-ils attractifs pour les investisseurs ?
- Comment concilier ville plus durable et contraintes économiques ?
- Le label ISR n’est-il qu’un premier pas vers une démarche durable forte ?
- Pour faire face à tous ces défis, l’accélération de la collecte est-elle déterminante ?
De gauche à droite : Christophe Peyre, directeur associé, A Plus Finance, Jean-Marc Peter, directeur général, SOFIDY, Steven Perron, président, Foncière Magellan
Quelles sont les implications d’un confort accru et d’un développement des services dans le résidentiel ?
Christophe Peyre, directeur associé, A Plus Finance : Nous investissons depuis plus de 10 ans dans les résidences services seniors et nous avons au cours des années affiné nos exigences. Nous sommes encore plus sélectifs notamment quant à la qualité des projets architecturaux et l’ergonomie des bâtiments. Nous exigeons une labellisation type NF Habitat HQE 6 étoiles qui cible tous les aspects du confort des utilisateurs finaux. En tant qu’investisseur institutionnel, nous bénéficions d’une position centrale pour ainsi influencer positivement les caractéristiques de la ville. Ces exigences s’inscrivent également dans notre position de gestionnaire d’actifs immobiliers. Des immeubles de qualité sont plus résilients et donc plus recherchés. Les souscripteurs de nos fonds immobiliers en tirent pleinement les bénéfices lors de l’arbitrage des immeubles.
Nous privilégions les exploitants qui réalisent la plus grande partie de leur chiffre d’affaires dans la fourniture de services aux résidents. Le fait que le preneur à bail constitue un fonds de commerce garantit le renouvellement des baux et donc offre une bonne visibilité sur les cash-flows futurs.
Pendant le confinement, il y a eu une plus grande consommation des services au sein de nos résidences seniors. Certains seniors ont utilisé pour la première fois le service restauration par exemple et y ont pris goût. Plus généralement, l’essor des services concerne la ville dans son ensemble. Ainsi, la Ville de Paris a lancé des tests pour offrir des services aux habitants sous la forme de conciergeries de quartiers, orientées sur l’apprentissage et l’assistance aux comportements responsables.