Après une année 2025 faste, marquée par de solides performances et un record d’émissions sur le marché primaire, les obligations convertibles suscitent de nouveau l’intérêt des investisseurs. Elles profitent d’un cycle d’innovation pourvoyeur de nouveaux émetteurs. Dans ce contexte, les obligations peuvent-elles renouveler l’exploit de 2025 de battre le marché actions ? Quel bilan dresser de l’année écoulée ? Les investisseurs sont-ils (enfin) revenus sur la classe d’actifs ? Les convertibles profitent-elles de la dynamique favorable à l’Europe ? Quelles sont les perspectives pour la classe d’actifs en 2026 ? Quelles vont être les clés pour dégager de bonnes performances cette année ? Quels sont les thèmes porteurs ? Comment le marché chinois évolue-t-il ?
- Quel bilan tirez-vous de l’année écoulée sur le marché des convertibles ?
- Ce bon comportement a-t-il incité les investisseurs à revenir sur la classe d’actifs ?
- Les convertibles profitent-elles de la dynamique favorable à l’Europe ?
- Les convertibles offrent-elles un bon moyen de s’exposer au thème de l’IA ?
- Quelles sont les perspectives pour la classe d’actifs en 2026 ?
- Quelles vont être les clés pour dégager de bonnes performances cette année ?
- Au-delà de l’IA, quels sont les thèmes porteurs ?
- Vous avez évoqué le dynamisme du marché chinois et asiatique. Est-ce durable et cela peut-il prendre de l’ampleur dans les années à venir ?
- Les conditions d’émission se sont-elles dégradées ?
Les intervenants :
- Christine Delagrave, gérante convertibles, LBP AM
- Benjamin Schapiro, gérant de portefeuille senior, UBP Asset Management (France)
- Nicolas Schrameck, responsable de la gestion obligations convertibles et crédit, Ellipsis Asset Management
Quel bilan tirez-vous de l’année écoulée sur le marché des convertibles ?
Nicolas Schrameck : Il s’agit d’une année véritablement emblématique pour les obligations convertibles. D’abord en raison de leurs performances, particulièrement éloquentes au regard à la fois des marchés actions et obligataires. Si l’on regarde les chiffres, l’indice Refinitiv Global Vanilla affiche une performance de 21 % en dollars. C’est même légèrement supérieur à celle des marchés actions, qui se situe entre 20 % et 21 % selon les indices retenus. En Europe, les convertibles – via l’indice Refinitiv Europe – progressent de 13,9 %, ce qui reste significatif, même si le Stoxx 600 affiche près de 20 %. A titre de comparaison, les obligations d’entreprises globales, qu’elles soient investment grade ou high yield, ont dégagé des performances comprises entre 7 % et 8 %, et entre 3 % et 5 % en Europe.
Il est assez exceptionnel pour une classe d’actifs obligataires d’atteindre de tels niveaux de performance. Ce qui est particulièrement marquant, c’est le comportement des convertibles dans un environnement pourtant très volatil : elles ont absorbé environ 50 % de la baisse des marchés actions, tout en capturant près de 75 % de leur rebond. C’est précisément dans ce type d’années que l’intérêt des convertibles se révèle pleinement : en amortissant les phases de baisse et en participant plus fortement aux phases de hausse, elles peuvent, sur un cycle complet, délivrer une performance comparable à celle des actions.
Christine Delagrave : Les obligations convertibles se sont bien comportées, toutes zones géographiques confondues. Il faut rappeler que leur performance calculée en euros avoisine les 20 %, alors que le MSCI World affiche moins de 10 % sur la même base.