Après plus de trente ans de baisse des taux, les gérants obligataires vont devoir gérer leur remontée.• Comment s’adapter à ce nouveau paradigme ?• Investir dans les obligations a-t-il encore du sens ?• Quelles sont les classes d’actifs qui offrent les meilleures perspectives de rendement ?• Faut-il privilégier une approche flexible ?
- Comment se comportent les marchés obligataires depuis le début de l’année ?
- On parle de changement de paradigme dans l’univers obligataire. Qu’est-ce que cela implique ?
- L’inflation est donc un thème majeur pour les marchés obligataires en 2018…
- Pour les porteurs d’obligations, la remontée des taux est perçue de façon très négative. En quoi est-elle aussi source d’opportunités?
- Les gérants obligataires ont-ils été contraints de se réinventer pour s’adapter à ce nouvel environnement ?
- L’idée d’investir dans un fonds obligataire flexible implique-t-elle une plus grande prise de risque pour l’investisseur ?
- Quelles sont les opportunités d’investissement ?
- Les obligations convertibles sont souvent présentées comme le meilleur des deux mondes (actions et obligations). Mais si ces deux marchés sont chers, cette classe d’actifs est-elle vraiment attractive ?
Comment se comportent les marchés obligataires depuis le début de l’année ?
Comment ont-ils réagi à la correction de début février ? Quels sont les éléments d’inquiétude ?
Antoine Lesné, responsable stratégies et recherche, SPDR ETF Europe :
Les marchés obligataires ont commencé l’année 2018 sur une note plutôt instable, pénalisés par la hausse des rendements souverains initiée aux Etats-Unis, qui découlait du renforcement des anticipations d’inflation et des perspectives d’émissions d’obligations du Trésor américain sur fond de réforme fiscale. Toutefois, la volatilité relevée au mois de février, puis les inquiétudes suscitées par les mesures commerciales protectionnistes en mars ont fini par tirer les rendements vers le bas. Les courbes de taux ont depuis poursuivi leur aplatissement, illustré par une baisse des taux longs sur fond d’inflation modérée. L’aversion au risque observée au mois de février a eu une incidence limitée sur la dette émergente, qui a bénéficié de la dépréciation du dollar et de la confiance des investisseurs dans les perspectives économiques mondiales. Il faudra dans tous les cas garder un œil sur les risques d’accélération de la normalisation des politiques monétaires des banques centrales, et sur la possibilité d’un ralentissement brutal ou plus chaotique des programmes de quantitative easing.
Patrick Barbe, responsable de la gestion obligataire euro, BNPP AM :
Il y a eu, en début d’année, un changement dans les anticipations aux Etats-Unis. La hausse des taux d’intérêt américains a provoqué la correction des marchés financiers. Cela correspondait à un quatrième trimestre plus fort qu’attendu en matière de croissance, tandis que les indicateurs avancés montraient une forte progression des dépenses d’investissement, une question de fond par rapport aux créations d’emplois. Les marchés ont considéré que la Fed allait relever ses taux de façon plus importante qu’anticipé.