2018 a été une année compliquée pour les gérants d’actifs et les investisseurs. Alors que toutes les planètes semblaient alignées, l’année a été marquée par une succession de crises et le retour de la volatilité. Après avoir dressé un bilan de cette année et des conséquences sur les marchés financiers, Funds s’interroge sur la façon d’aborder 2019. • Que faut-il attendre en matière de perspectives macroéconomiques ? • Comment vont évoluer les politiques monétaires ? • Quels seront les principaux risques à surveiller en 2019 ?Par ailleurs, Funds fait un tour d’horizon des différents thèmes d’investissement. • Dans quelles classes d’actifs investir ? • Comment s’exposer aux actifs risqués ? • Faut-il revenir sur les marchés émergents ? • Comment diversifier les risques en portefeuilles (matières premières, stratégies alternatives, etc.) ?
- Quel bilan faites-vous de cette année 2018 qui avait pourtant commencé sous les meilleurs auspices, avec peut-être un peu trop d’optimisme sur les marchés ?
- Février marque le retour de la volatilité sur les marchés…
- Au-delà de la politique menée par Trump et ses conséquences, d’autres facteurs ont-ils perturbé les marchés en 2018 ?
- Les marchés émergents ont beaucoup souffert en 2018 alors que les investisseurs étaient revenus de façon importante sur les actions et la dette émergentes. Que peut-on attendre de ces marchés ?
- Quelles sont vos perspectives pour 2019 ? Que doit-on attendre de la macroéconomie ? Quels sont les risques à surveiller ?
- Quelles classes d’actifs faut-il privilégier en 2019 ? Comment diversifier les portefeuilles?
Quel bilan faites-vous de cette année 2018 qui avait pourtant commencé sous les meilleurs auspices, avec peut-être un peu trop d’optimisme sur les marchés ?
Quels sont les éléments qui vous ont le plus marqués et/ou qui ont eu le plus d’impact sur vos gestions ?
Benjamin Melman : Dès le début d’année, dans nos perspectives pour 2018, nous nous attendions à une rupture en matière de volatilité. Nous étions loin cependant d’imaginer de telles performances sur l’année pour l’ensemble des classes d’actifs : elles sont toutes dans le rouge à part le cash américain et le Bund allemand, qui n’était pas l’actif de prédilection des investisseurs en début d’année. Il faut revenir en 1994 pour voir autant de performances négatives au sein de toutes les classes d’actifs. Il n’y avait aucun refuge, ni du côté obligataire ni du côté des actions. Acheter de l’or en début d’année revenait à perdre de l’argent, et le pari sur le Bitcoin s’est avéré très risqué, puisqu’il a perdu 60 %.
En 1994, il y a eu un grand resserrement monétaire aux Etats-Unis, ce qui n’a pas été le cas en 2018, mais, cette année, nous avons eu la conjonction de la contraction du bilan de la Fed et du ralentissement des bilans de la BCE et de la Banque du Japon. Les banques centrales ont été très généreuses en inondant les marchés de liquidités au risque de provoquer certaines bulles mais, aujourd’hui, la vague se retourne.
Ce retrait de la liquidité, dont il était difficile de mesurer l’impact, a sans doute été l’un des éléments les plus perturbateurs de l’année et explique pourquoi toutes les classes d’actifs enregistrent des performances négatives.
Armel Coville : En ce qui concerne l’Europe, et plus particulièrement les actions, 2018 s’est révélée décevante en matière de...