Alors que les marchés craignaient que les élections américaines ouvrent une nouvelle période d’instabilité, la victoire de Donald Trump est sans appel. Et n’est pas sans conséquence sur les marchés financiers et l’allocation d’actifs en 2025. Comment évaluer son impact sur la croissance économique et l’inflation ? De quelle marge de manœuvre va disposer la Fed ?
En Europe, où la situation reste très incertaine, peut-on envisager un rattrapage des marchés actions ? Quid des marchés émergents ? Quelles sont les classes d’actifs à privilégier dans les prochains mois ? Faut-il craindre plus de volatilité sur les marchés en 2025 ? Comment protéger les portefeuilles ?
- La très nette victoire de Trump à l’élection présidentielle, saluée par les marchés américains, a-t-elle modifié les scénarios que vous aviez commencé à établir pour 2025 ?
- La résilience de cette économie américaine en 2024 ne vous a pas surpris ?
- Quel va être le rôle de la Fed alors qu’un programme inflationniste devrait se mettre en place ?
- Le fossé va-t-il continuer à se creuser entre les Etats-Unis et l’Europe ? Que peut-on attendre sur les marchés européens en 2025 ?
- Les marchés émergents, qui restent globalement sous-investis, bénéficieront-ils de flux plus importants en 2025 ?
- Peut-on parler d’excès de valorisation sur le marché indien ?
- Comment construire une allocation d’actifs pour les prochains mois ? Faut-il s’attendre à plus de volatilité ? Comment protéger les portefeuilles ?
Les intervenants :
- Anthony Lapeyre, directeur de la gestion diversifiée, Amplegest
- Michaël Nizard, directeur des gestions multi-asset & overlay, Edmond de Rothschild AM
- Jean-Louis Delhay, CIO Crédit Mutuel AM, directeur gestion diversifiée, épargne salariale et opportunités
- Julien-Pierre Nouen, directeur de la gestion diversifiée, Lazard Frères Gestion
La très nette victoire de Trump à l’élection présidentielle, saluée par les marchés américains, a-t-elle modifié les scénarios que vous aviez commencé à établir pour 2025 ?
Michaël Nizard - Plusieurs points méritent l’attention, certains s’inscrivant dans la continuité et d’autres étant plus disruptifs. Trump va hériter d’une conjoncture économique qui démontre l’existence d’un exceptionnalisme américain. En août, des questions se sont posées sur une éventuelle récession, mais le fait est que l’économie américaine reste exceptionnellement dynamique. Ce régime devrait se poursuivre durant encore un ou deux trimestres. Cet exceptionnalisme repose aussi bien sur l’investissement que la consommation, dont la contribution à la croissance avoisine les 70 %. Cette vigueur de la consommation ne s’est pour l’instant pas démentie. Cet exceptionnalisme se voit aussi dans l’attractivité des Etats-Unis et leur rayonnement dans le monde, avec une supériorité technologique importante et des investissements élevés dans l’intelligence artificielle. Tout ceci, en particulier la productivité, explique aussi la divergence des performances entre les Etats-Unis et le reste du monde.
Cependant, même si Trump hérite de cette situation favorable, certains bémols subsistent. Le premier concerne les disparités significatives au sein de l’économie américaine entre l’industrie et les services, que l’on retrouve dans les PMI ainsi qu’entre les grandes et les petites capitalisations boursières. La croissance n’est pas inclusive, car une grande partie de la cote américaine – et donc de l’économie réelle – n’a pas réussi à tirer son épingle du jeu par rapport aux grandes capitalisations du marché américain.