Loin de tous les scénarios imaginés en début d’année, la crise du Covid-19 a durement affecté l’économie et les marchés financiers. Quel bilan peut-on faire de ces premiers mois de l’année ? En quoi cette crise est-elle différente des précédentes ? Dans quel environnement économique évolue-t-on ? Quelles sont les perspectives macroéconomiques au niveau mondial ?
- La crise du Covid-19 a balayé tous les scénarios de marché envisagés en début d’année. Quel premier bilan peut-on faire de ces derniers mois ?
- Comment la crise a-t-elle affecté les grandes classes d’actifs comme les actions ou les obligations ? Avez-vous été surpris de l’évolution des marchés entre mars et mi-mai ?
- Les banques centrales sont-elles plus réactives que lors des crises précédentes ? Ont-elles pris les mesures adaptées ?
- Certains marchés sont-ils plus affectés par la crise ? Est-il trop tôt pour évaluer les conséquences économiques en zone euro, en Asie ou aux Etats-Unis ?
- Avant la crise, l’attention des investisseurs se focalisait sur les Etats-Unis en raison des craintes sur la fin de cycle et de l’élection présidentielle de novembre. Dans le contexte actuel, cette échéance électorale peut-elle être plus déstabilisante ?
- Quelles seraient les conséquences en Europe de l’escalade entre ces deux pays ?
- Comment avez-vous géré cette période en termes d’allocation d’actifs ?
- Quelle part consacrez-vous au cash et à l’or dans les portefeuilles ?
- Quels sont les risques qui pourraient peser sur les portefeuilles que vous gérez à court et moyen terme ? La volatilité ? L’inflation ?
- Quelles sont les opportunités à moyen terme ?
- Malik Haddouk
La crise du Covid-19 a balayé tous les scénarios de marché envisagés en début d’année. Quel premier bilan peut-on faire de ces derniers mois ?
Malik Haddouk
Le bilan est à la fois simple et complexe. Nous sommes face à une crise inédite avec des conséquences économiques que nous n’avons jamais vues : la récession sera très importante ! Cette crise du coronavirus est atypique, car habituellement la récession est causée par un choc de la demande et, dans le cas présent, pour limiter la propagation du virus, les gouvernements ont décidé de freiner, voire de fermer, leurs économies pendant deux mois. Il y a donc eu un choc de demande et un choc d’offre. La grande incertitude concerne la durée de cette crise : combien de temps va durer cette épidémie ? Pourra-t-on freiner la propagation du virus et éviter une deuxième, voire une troisième vague ? Il est difficile aussi d’anticiper l’évolution des économies après le déconfinement, et surtout le comportement des consommateurs.
Pour une fois, la crise que nous vivons depuis le mois de février ne vient pas des marchés financiers, mais d’une décision politique consécutive à la pandémie.
David Taieb
Il y a plusieurs bilans à faire de cette crise. Le premier bilan est humain : mi-mai, le nombre de décès s’élève a plus de 300 000 dans le monde. C’est un chiffre effrayant. Nous n’avons jamais connu une telle crise sanitaire. Cela devrait donc conduire certains responsables politiques à s’interroger sur les systèmes en place. Le bilan est aussi économique, puisque cette crise a plongé l’ensemble des économies de la planète dans un environnement inconnu. Aucun analyste et aucun modèle mathématique n’est en mesure de nous indiquer avec précision l’impact qu’aura cette crise sur nos entreprises. Enfin, en matière de bilan boursier, cette crise a rapidement fait apparaître les gagnants et les perdants de demain. Elle a crédibilisé certains thèmes d’investissement qui avaient fortement émergé ces dernières années.