Dans un contexte de taux bas, le high yield a permis aux investisseurs, ces dernières années, de trouver du rendement sur le marché obligataire. En parallèle, le gisement du marché s’est enrichi et les taux de défaut sont restés faibles. Funds s’interroge sur le comportement de la classe d’actifs depuis le début de l’année.• Comment a-t-elle réagi à la correction des marchés début février ?• Le retour de la volatilité sur les marchés actions affectera-t-il la performance du high yield ?• Que peut-on attendre en matière d’émissions sur le marché primaire ? • La BCE va continuer à acheter des titres jusqu’en septembre. Que peut-il se passer ensuite ?• Quels sont les facteurs de soutien de la classe d’actifs sur le moyen terme ?
- Après une année 2017 positive en matière de performance, comment se comporte la classe d’actifs depuis le début de l’année, en particulier durant la phase de correction des marchés fin janvier/début février ?
- Avez-vous été surpris par la correction en tout début d’année alors que le consensus était plutôt optimiste sur l’évolution des marchés et les perspectives pour les actifs risqués ?
- Les émissions sont-elles importantes sur le marché primaire ? Comment évolue le gisement ?
- Vous avez évoqué l’arrivée d’acteurs de plus petite taille sur le marché du high yield. D’où une importance accrue de l’analyse. Comment travaille un gérant high yield ?
- Pour l’instant, la BCE maintient son programme de rachats de titres jusqu’en septembre. Que peut-il se passer ensuite ?
- Pour des investisseurs qui s’inquiètent de la remontée des taux, d’un changement de cap de la BCE et du retour de la volatilité, en quoi la classe d’actifs est-elle encore intéressante?
Après une année 2017 positive en matière de performance, comment se comporte la classe d’actifs depuis le début de l’année, en particulier durant la phase de correction des marchés fin janvier/début février ?
Alain Krief, responsable global de la gestion taux, Oddo BHF AM : En 2017, la classe d’actifs a délivré la performance attendue. Toutefois, en fin d’année, les spreads de crédit étaient relativement serrés par rapport à l’historique. La prime de risque et les spreads serrés étaient justifiés par un environnement macroéconomique favorable et de bons résultats d’entreprise. En début d’année, nous avons été surpris par l’augmentation de la volatilité en raison d’un rattrapage sur les taux souverains, notamment aux Etats-Unis. Ce qui a déclenché des ventes forcées sur le marché actions américain à cause de certains produits structurés.
Quand la volatilité augmente, l’incertitude aussi, et, automatiquement, les spreads du crédit et du high yield s’écartent, suscitant une certaine défiance à l’égard de la classe d’actifs. Les performances sont devenues négatives en février. Même si la marge de manœuvre en matière d’écartement des spreads est plus importante dans le high yield, les investisseurs, en particulier les allocataires d’actifs, ont préféré sortir de la classe d’actifs, surtout aux Etats-Unis. Ils n’ont pas réagi en réponse à un tassement de la croissance ou à une mauvaise statistique macroéconomique, mais dans l’attente d’une accalmie sur le marché des taux et d’une stabilisation de la volatilité sur un niveau plus bas pour revenir sur la classe d’actifs.
Il n’y a pas eu de remise en cause fondamentale du scénario économique, mais des questions se posent aujourd’hui sur certains risques géopolitiques, sur les mesures protectionnistes mises en place par l’administration Trump et sur les perspectives de croissance de l’économie américaine.