Alors que les questions de conformité s’immiscent dans tous les arbitrages, les directions financières doivent désormais collaborer étroitement avec les responsables de la compliance, souvent rattachés à la direction juridique. Les modes de collaboration diffèrent selon les types d’organisation, mais les directions financières sont en tout état de cause en charge de la gestion d’une masse croissante de données liées à la compliance.
C’était il y a huit ans. En mars 2017, la loi sur le devoir de vigilance imposait aux grandes entreprises françaises une obligation proactive de prévention des risques graves en matière de droits humains, de santé, de sécurité et d’environnement, dans leurs propres activités ainsi que celles de leurs filiales, sous-traitants et fournisseurs. Une nécessité allant jusqu’au rang 3 des fournisseurs. Depuis cette date, les liens entre compliance et direction financière se sont largement resserrés. Au niveau européen, la directive CS3D datant de mai 2024 étend le devoir de vigilance à un spectre plus large d’entreprises. Dans ce contexte, les entreprises s’arment afin de répondre à ces nouvelles exigences. Au sein des plus petites entités, il n’est pas rare que le directeur financier embrasse également le rôle de responsable conformité. Dans les plus grandes entités, la compliance est une entité distincte, souvent rattachée à la direction juridique. Si le rapprochement est une nécessité, ce n’est pas toujours la réalité. « La transversalité est nécessaire et pourtant, elle ne se voit pas toujours, explique Blandine Cordier-Palasse, présidente fondatrice BCP Partners. Elle se matérialise très largement dans les entreprises qui ont conservé la fonction de secrétaire générale. Dans les autres groupes, cela dépend du positionnement de la fonction compliance. Lorsque la compliance est rattachée à la direction générale, alors la transversalité est une réalité. Ce n’est pas le cas, en revanche, lorsque la compliance est confiée à une personne N-4 au fin fond de la direction juridique. »