L’Union européenne a officialisé l’adoption de la norme IFRS 18 « Etats financiers : présentation et informations à fournir » par la publication du règlement (UE) 2026/338 du 13 février 2026. Dans la foulée, l’ESMA a publié un « Public Statement » appelant les émetteurs à engager sans délai leurs travaux de transition.
1. Une transition rétrospective et structurante
Applicable obligatoirement aux exercices ouverts à compter du 1er janvier 2027, avec possibilité d’application anticipée, la norme est adoptée dans son intégralité et entraîne la suppression d’IAS 1 – Présentation des états financiers.
L’ESMA rappelle en particulier le caractère rétrospectif de l’application d’IFRS 18 : un émetteur devra disposer d’informations comparatives sous IFRS 18 y compris pour ses publications intermédiaires. Au-delà d’un simple exercice de présentation, la mise en œuvre de la norme est susceptible d’avoir des incidences significatives sur les systèmes d’information, les politiques comptables et la communication financière des groupes.
2. Quels points d’attention identifiés par le régulateur ?
La mise en œuvre d’IFRS 18 concerne l’ensemble des entreprises, tous secteurs confondus, dans un contexte marqué par de nombreuses questions d’application encore ouvertes.
Dans ce cadre, le régulateur identifie plusieurs zones de vigilance :
– la nouvelle structure du compte de résultat, et notamment les règles de classement des produits et charges au sein des catégories « Exploitation », « Investissement » et « Financement », sont susceptibles d’entraîner des changements de présentation pour certains éléments tels que les gains et pertes sur les instruments de couverture, les gains et pertes de change ou encore l’actualisation de certaines provisions à long terme ;
– l’identification des activités principales « spécifiées » est déterminante pour la présentation du compte de résultat : elle peut conduire à classer en « Exploitation » des produits et charges qui relèveraient autrement des catégories « Investissement » ou « Financement ». Si la notion vise principalement les banques et les assureurs, elle concerne également les groupes hors institutions financières dont le modèle intègre la location d’immeubles (ex. : les foncières) ou des activités de leasing ;