Avec la baisse des seuils d’usure pour les prêts bancaires au 1er avril 2021, le taux annuel effectif global (TAEG) revient sur le devant de la scène. Mentionné obligatoirement pour tout crédit aux particuliers, ce taux doit être calculé selon les modalités prévues par la loi dans le Code de la consommation. Par son caractère de mètre-étalon du coût réel d’un crédit, le taux global permet de comparer les offres de prêt et de vérifier que le maximum légal n’est pas dépassé. Après un demi-siècle de rebonds juridiques, deux indicateurs de taux coexistent calculés selon deux méthodes mathématiques différentes. L’objectif de simplification initialement escompté a-t-il été atteint ?
Par Caroline Marie-Jeanne, maître de conférences, Université d’Angers, IAE, chercheur au Granem (Groupe de recherche angevin en économie et management)
1. Cinquante années d’histoire juridique épique
L’intérêt semble simple à calculer. C’est du moins ce que l’on croit. Mais c’est sans compter les joies de la législation et des mathématiques financières, mises en exergue par l’histoire du TAEG. Revenons sur le véritable roman de la quête du « coût d’un crédit ».