Abonnés

Dividendes reçus de filiales européennes

L’imposition de la quote-part de frais et charges déclarée contraire au droit de l’Union européenne

Publié le 11 septembre 2015 à 10h53    Mis à jour le 29 avril 2021 à 14h26

Daniel Gutmann, CMS Bureau Francis Lefebvre

L’arrêt du 2 septembre 2015 (Groupe Steria SCA, C 386/14) ouvre aux groupes français d’intéressantes perspectivesde réclamation mais suscite aussi certaines craintes pour l’avenir.

Par Daniel Gutmann, avocat associé, CMS Bureau Francis Lefebvre,

professeur à l’Ecole de droit de la Sorbonne (Université Paris-1)

1. Le problème

L’article 216 du CGI prévoit que les produits de participation bénéficiant du régime mère-fille sont exonérés d’impôt sur les sociétés sous réserve de l’application d’une quote-part de frais et charges (QPFC) dont le taux est fixé à 5 % du produit total des participations. Ces dispositions sont applicables à tous les dividendes reçus sous le régime mère-fille par une société soumise à l’IS en France, que ces dividendes trouvent leur source en France ou dans des distributions provenant de filiales situées notamment dans d’autres Etats membres de l’UE. L’article 223 B du CGI précise cependant que, dans le cadre de l’intégration fiscale, la QPFC attachée aux dividendes reçus par les sociétés du groupe à raison de leur participation dans d’autres sociétés du groupe est neutralisée et vient ainsi en déduction du résultat d’ensemble du groupe.

Lorsque le dividende provient d’une filiale détenue à plus de 95 % par la société tête de groupe, mais qui n’est pas soumise à l’IS en France, cette distribution ne peut pas bénéficier de la neutralisation de la QPFC, puisqu’une société doit être soumise à l’IS en France pour pouvoir être membre du groupe d’intégration fiscale.

Ce traitement différent des dividendes reçus de filiales selon qu’elles sont ou non membres du groupe d’intégration fiscale a été critiqué au regard de la liberté d’établissement. Par un arrêt du 29 juillet 2014, la CAA de Versailles a ainsi considéré que la question soulevait une difficulté sérieuse d’interprétation du droit de l’UE et a soumis une question préjudicielle à la CJUE. C’est cet arrêt qui est ici commenté.

Les dernières lettres professionnelles

Voir plus

Dernières nominations

Voir plus

Les dernières Lettres Professionnelles

Voir plus

Dans la même rubrique

Abonnés Contrat de licence de marques : comment comptabiliser les redevances dans les comptes annuels du licencié ?

Le Plan comptable général exclut de son champ d’application tous les contrats de location au sens...

Abonnés Financements européens du secteur de la défense : des opportunités à saisir pour les entreprises, avec vigilance

L’accélération du réarmement européen consécutive au conflit ukrainien a conduit l’Union européenne...

Voir plus

Chargement…