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Pourquoi la PPE3 va conduire les acteurs du financement d’infrastructures à faire évoluer leur modèle d’affaires

Publié le 3 mars 2026 à 16h24

Grant Thornton    Temps de lecture 4 minutes

Par Jérémy Vlach, associé, Grant Thornton

1. Entre souveraineté énergétique et réalisme industriel

L’adoption officielle de la troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3) par le décret n° 2026-76 du 12 février 2026 marque un tournant décisif pour le paysage énergétique français. Véritable boussole stratégique pour les périodes 2026-2030 et 2031-2035, ce texte ambitionne de concilier neutralité carbone et indépendance industrielle. Un objectif ambitieux qui amène les acteurs du financement d’infrastructures à faire évoluer leurs modèles d’affaires

2. Le pivot de l’électrification décarbonée

Au cœur de cette feuille de route réside une volonté d’affranchissement vis-à-vis des énergies fossiles, dont la facture d’importation pèse encore plus de 60 milliards d’euros par an. La PPE3 projette de ramener leur part dans la consommation finale de 60 % aujourd’hui à 29 % d’ici 2035 grâce à une électrification massive des usages – mobilité électrique, pompes à chaleur, décarbonation industrielle.

3. Le nucléaire : socle baseload et son financement

La PPE3 consacre le retour en force de l’atome, avec une stratégie reposant sur deux piliers : l’optimisation du parc existant (57 réacteurs), dont la durée de vie doit être portée à 50, voire 60 ans pour sécuriser une production annuelle de 380 à 420 TWh, et le lancement de six nouveaux réacteurs EPR2 pour un investissement estimé à 73 milliards d’euros, sans certitude sur leur financement.

La première brique consiste à apporter à EDF une visibilité post-ARENH via la mise en place un mécanisme de redistribution de la rente nucléaire (Versement nucléaire universel) autour d’un prix pivot excédant le coût de production...

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