Les entreprises américaines ont été les premières émettrices sur le marché obligataire euro depuis le début de l’année, même en l’absence des GAFAM, qui pourraient accroître encore le flux de ces « reverse yankees » au cours des mois à venir. Pour autant, les banques sont confiantes dans la capacité d’absorption du marché : les corporates américains n’évinceront pas les européens.
En 2025, les entreprises américaines ont été les premières émettrices d’obligations sur le marché euro, représentant 23 % des volumes, grâce à une forte présence, jusqu’alors inconnue, des GAFAM. « La demande standard pour des financements en euro de la part d’émetteurs américains (ou reverse yankee) a toujours existé, relève Nathalie Bitan, directeur debt capital market chez HSBC, pour la France. Ce qui est nouveau, c’est l’arrivée des géants américains de la tech (ou hyperscalers). » Ainsi, Alphabet a réalisé l’année dernière deux émissions de grande taille en euros, pour un total de 13 milliards, contribuant à la hausse du montant global des émissions corporate euro, qui ont atteint un record à 562 milliards d’euros (+ 23 % par rapport à 2024).
Aucun de ces GAFAM ne s’est présenté depuis le début de l’année, mais de nombreuses autres entreprises américaines ont pris le relais. T Mobile, Ford, Pepsi, IBM, Verizon, etc. ont ainsi émis pour près de 15 milliards d’euros. « Les GAFAM ont fortement contribué au développement des “reverse yankee” en 2025, ce qui a fait des entreprises américaines les premiers émetteurs en Europe, mais ils ne sont pas les seuls, souligne Blaise Bourdy, responsable des émissions de dettes pour les sociétés non financières chez Société Générale CIB en France, Belgique et Luxembourg. Pour preuve, la part de marché toujours élevée des entreprises américaines s’agissant des émissions euros depuis le début de l’année (proche de 22 % pour l’investment grade et le non-IG, en première position devant les émetteurs de la zone Allemagne-Autriche), même en l’absence des GAFAM. En 2024, les “reverse yankee” ne représentaient que 15 % du marché. »