Les opérations post-marché et les métiers du back-office et du middle-office sont traversés par des réformes structurantes qui exigent des adaptations techniques majeures. L’activité des dépositaires est désormais structurée par la convergence entre réglementation et IT. Longtemps traitées séparément, ces deux dimensions font maintenant de la conformité réglementaire un enjeu technologique permanent.
Parfois cantonné à un rôle technique peu visible, le dépositaire-conservateur s’impose pourtant comme l’un des piliers structurants de la chaîne de valeur des marchés financiers. « C’est le tiers de confiance entre les investisseurs et les infrastructures de marché, et il exerce une responsabilité fiduciaire vis-à-vis des sociétés de gestion », rappelle Philippe Benoit, head of strategic business development & transformation chez BNP Paribas Securities Services. Cette centralité s’est renforcée du fait de l’évolution réglementaire qui a redessiné en profondeur les métiers des dépositaires. « Ils sont soumis à de nombreuses exigences réglementaires, tant à l’échelle européenne qu’au niveau des Etats membres, observe Haroun Boucheta, head of public affairs chez BNP Paribas Securities Services. Les règlements EMIR sur les produits dérivés, les directives AIFMD sur les fonds alternatifs, UCITS sur les fonds classiques ou encore DORA sur la résilience opérationnelle ont imposé une adaptation continue des organisations et des processus. » Deux forces structurent ainsi aujourd’hui l’activité des dépositaires : la réglementation et l’adaptation technologique (ou IT). Longtemps abordées comme des chantiers distincts, ces deux dimensions convergent désormais dans un même mouvement.
Un raccourcissement des délais
La réforme T + 1 illustre parfaitement cette convergence. Cette dernière réduit les délais du cycle de règlement-livraison (date de transaction plus un jour ouvré). En mai 2024, les Etats-Unis, le Canada, le...