De taille encore limitée, le marché européen des ETF actifs se développe à grande vitesse en termes d’offre. Des gérants jusqu’ici absents du marché des « trackers » font leur entrée. Les stratégies encapsulées dans ces fonds cotés se diversifient, parfois au prix d’une sophistication discutable.
2 000 milliards de dollars : c’est le seuil symbolique que vient de franchir le marché mondial des ETF actifs, ces fonds cotés en Bourse qui ne répliquent aucun indice. Le cap des 1 000 milliards n’avait pourtant été atteint qu’en septembre 2024. Selon ETFGI, ce marché a attiré en 2025 une collecte record de 637 milliards de dollars, soit l’équivalent du niveau d’encours de mi-2023. Une insolente croissance que les asset managers ne voient pas ralentir. « Nous nous attendons à ce que le marché mondial des ETF actifs représente 4 000 milliards de dollars d’actifs sous gestion en 2030 », se projette Arnaud Gihan, responsable de la distribution en France chez BlackRock. Le leader incontesté des ETF passifs est le numéro 3 mondial des ETF gérés activement, avec 6 % de parts de marché, derrière JP Morgan AM (12,8 %) et le Texan Dimensional (13,4 %), selon ETFGI.
À lire aussi
Le rattrapage européen
Trois acteurs américains pour un marché qui l’est lui aussi très largement : sur ces 2 000 milliards de dollars sous gestion dans le monde, l’Europe ne pèse qu’une centaine de milliards et l’Asie moitié moins encore. Les encours européens des ETF actifs représentent ainsi à peine 3 % de l’ensemble des encours d’ETF, indiciels compris. A l’échelle mondiale, cette part est de 10 %. Mais avec un taux de croissance annuel moyen de 44 % sur cinq ans, la dynamique semble bel et bien enclenchée sur le Vieux Continent aussi. La collecte est au rendez-vous : 23 milliards d’euros de collecte en 2025 après 18 milliards en 2024, soit...