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Reporting extra-financier - Les investisseurs veulent des normes plus ambitieuses pour les entreprises

Publié le 13 juillet 2023 à 11h13

Séverine Leboucher   OPTION FINANCE  Temps de lecture 2 minutes

Après une intense vague de lobbying de la part des entreprises pour atténuer leur charge de reporting ESG au titre de la directive CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive), c’est au tour des investisseurs de contre-attaquer. 93 d’entre eux, unis aux côtés d’Eurosif (le Forum pour l’investissement responsable européen) mais aussi de l’Efama (l’Association européenne de la gestion d’actifs) ont appelé, dans une lettre datée du 7 juillet, la Commission européenne à revoir sa copie en profondeur.

Cette dernière est en train de rédiger l’acte délégué qui fixera les standards techniques sur lesquels s’appuieront les entreprises pour leurs calculs, sur la base des travaux de l’Efrag (European Financial Reporting Advisory Group). Or, dans sa proposition parue début juin, la Commission a conditionné la publication de chaque indicateur de durabilité à une analyse de « matérialité » : les entreprises pourront ne pas publier une donnée si elles évaluent que le sujet n’est pas majeur pour leur activité.

Une vraie source d’inquiétude pour les investisseurs signataires de la lettre : ils redoutent de ne pas disposer d’assez de données pour prendre des décisions d’investissement informées, mais aussi pour satisfaire leurs propres exigences de reporting, telles que fixées notamment par le règlement SFDR. « Il n’y a pas d’analyse de matérialité dans SFDR, a souligné Aleksandra Palinska, directrice générale d’Eurosif, à l’attention de la Commissaire européenne aux services financiers, Mairead McGuinness lors d’une audition organisée par l’Efrag. Pour les régulateurs, les 17 principaux indicateurs prévus par SFDR sont toujours considérés comme matériels et donc obligatoires. » Un traitement inégal entre investisseurs et émetteurs que les signataires appellent à rééquilibrer. Ils insistent en particulier sur la réintroduction de l’obligation de reporting pour les données relatives aux émissions de carbone, aux plans de transition énergétique et aux stratégies en faveur de la biodiversité. La Commission doit rendre sa copie finale fin juillet.

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