Les actions restent la classe d’actifs à privilégier en 2022, malgré les inquiétudes toujours liées à la pandémie, l’inflation, les questions relatives à l’évolution des politiques monétaires et les tensions géopolitiques. Plusieurs questions se posent :
• L’environnement économique restera-t-il favorable à la zone euro ? - Quid de l’inflation et de ses conséquences pour les marchés ? Que peut-on attendre de la BCE ?
• Les actions européennes pourraient-elles résister à une correction des marchés boursiers américains ? Quels sont les principaux risques pour la classe d’actifs ?
• Que penser des niveaux de valorisation ? - Faut-il arbitrer entre différents secteurs ?Préférer un style de gestion à un autre ?
• Comment profiter ou se préserver des fortes rotations ?
- Quelle lecture faites-vous de l’environnement dans lequel évoluent les marchés actuellement, depuis le début de l’année ?
- Les grandes banques centrales ont longtemps agi de concert. Risque-t-on désormais d’avoir un décalage dans le temps des décisions en matière de remontée des taux ?
- La visibilité sur la croissance économique est-elle meilleure dans la zone euro qu’aux Etats-Unis ?
- Des hausses des taux sont-elles actées en 2022 pour la zone euro ?
- Les perspectives de croissance économique sont-elles très différentes d’un pays à l’autre dans la zone euro ? Cela crée-t-il des disparités entre les places boursières ?
- Plusieurs éléments plaident donc en faveur des actions européennes. Peut-on pour autant anticiper une surperformances de ces dernières ? La classe d’actifs peut-elle résister à une forte baisse des marchés américains ?
- Les particuliers ont manifesté plus d’intérêt pour la Bourse depuis la pandémie. Est-ce que cela se matérialise dans les flux ? La bascule des fonds en euros vers les unités de compte favorise-t-elle la classe d’actifs ?
- Que peut-on dire des valorisations des actions européennes ? Est-ce que ça a encore du sens, en outre, de comparer les valorisations des différents marchés ? Faut-il plutôt s’intéresser aux différences entre les secteurs ?
- Faut-il pour autant arbitrer la croissance pour la « value » ?
- A ce propos, comment la définissez-vous ?
- Dans certains secteurs comme les financières, la décote a longtemps été liée à la difficulté de valoriser ces titres. La remontée des taux est-elle suffisante pour revenir sur les valeurs bancaires, par exemple ? Quelles sont les autres opportunités secto
- Comment aborder la classe d’actifs dans le contexte actuel ? Comment se prémunir de la volatilité ?
De gauche à droite : Frédéric Tassin, directeur de la gestion actions, Ofi Invest Asset Management, Yann Giordmaïna, gérant actions européennes, Tocqueville Finance, Anthony Bailly, gérant, Rothschild & Co / ©Christopher Salgadinho
Quelle lecture faites-vous de l’environnement dans lequel évoluent les marchés actuellement, depuis le début de l’année ?
Yann Giordmaïna : Ce début d’année est un retour à la réalité. Après de nombreux discours sur le côté transitoire de l’inflation, le marché a pris acte du caractère plus durable de cette inflation et de son impact sur la remontée des taux. Il y avait un décalage entre le niveau des taux et le niveau de l’inflation, voire le niveau de l’activité économique. A cet ajustement plutôt brusque se sont ajoutées des tensions géopolitiques.
Frédéric Tassin : L’inflation a changé de nature. Durant toute l’année 2021, les anticipations d’inflation n’ont cessé de remonter, mais le marché y a assez peu cru. On a d’ailleurs vu, au cours du troisième trimestre, des anticipations d’inflation s’envoler alors que les taux d’intérêt baissaient aux Etats-Unis. Une situation complexe avec un marché qui avait une vision très monétariste de l’inflation et qui a considéré que les goulets d’étranglement constatés ici ou là suffisaient à expliquer les résurgences inflationnistes. Le marché a considéré que ces tensions se dissiperaient avec la réouverture des économies. Le temps passant, les effets de second tour se sont fait ressentir, plus aux Etats-Unis qu’en Europe, comme le montrent les derniers chiffres de l’inflation américaine avec toutes les composantes en hausse :...