La transition énergétique est déjà au cœur de la lutte contre le réchauffement climatique depuis quelques années. Les crises récentes (pandémie, guerre russo-ukrainienne) ont rendu encore plus urgente la nécessité de repenser l’utilisation des ressources naturelles et des matières premières énergétiques et de se tourner vers de nouvelles solutions.
Funds s’interroge sur ces enjeux et sur les thématiques d’investissement qui en découlent.
• À l’heure où les clients vont être interrogés sur leurs préférences durables, comment flécher l’épargne vers les fonds investis dans la transition énergétique ?
• Comment sont construits ces produits ?
• Quelles valeurs composent les portefeuilles ?
• Faut-il cibler un ou deux enjeux en particulier (énergies renouvelables, hydrogène, infrastructures, etc.), ou préférer des fonds qui adressent tous les aspects de la transition énergétique ?
• Au-delà du marketing qui entoure ces fonds, comment rendre compte aux clients retail de l’impact de leurs choix d’investissements ?
- Quels sont les enjeux qu’adresse la transition énergétique ? L’actualité récente – que ce soient les incendies, les problèmes climatiques de l’été un peu partout dans le monde ou la crise énergétique en Europe – peut-elle accélérer la prise de conscience
- Quel rôle l’industrie de la gestion d’actifs peut-elle jouer dans la transition énergétique ? Comment amener les investisseurs et plus précisément les épargnants à participer au financement de cette transition ?
- À court terme, alors que l’Europe a peur de manquer d’énergie pour faire tourner les sites industriels ou se chauffer cet hiver, ne craignez-vous pas, au contraire, que l’on revienne aux centrales à charbon ou à d’autres modes de production d’énergie beau
- En gestion, que recouvre le thème de la transition énergétique ? De quoi se compose l’univers d’investissement ? Quelles sont les exigences du label Greenfin ?
- Le thème de la transition énergétique induit-il des biais géographiques ou de taille de capitalisation dans les portefeuilles ?
- L’univers du coté permet-il d’adresser pleinement la thématique ? A-t-on suffisamment d’introductions en Bourse pour élargir l’univers d’investissement ? Si oui, l’attrait pour ces entreprises ne favorise-t-il pas une bulle verte ?
- Avez-vous le sentiment d’avoir accès aujourd’hui à suffisamment de données pour pouvoir rendre compte aux clients de l’impact de ces investissements ?
Les intervenants (de gauche à droite) :
- Anna Väänänen, gérante de la stratégie Equity Global Environnement, Mirova
- Véronique Le Heup, directrice investissement responsable et RSE, Amiral Gestion
- Bassel Choughari, gérant, Montpensier Finance
Quels sont les enjeux qu’adresse la transition énergétique ? L’actualité récente – que ce soient les incendies, les problèmes climatiques de l’été un peu partout dans le monde ou la crise énergétique en Europe – peut-elle accélérer la prise de conscience
Anna Väänänen - Malgré les dérèglements climatiques constatés un peu partout dans le monde, une grande partie de la population continue de nier les problèmes. Aux États-Unis, près de la moitié de la population ne croit pas aux changements climatiques. Cela signifie qu’il existe une énorme opportunité pour les investisseurs, car la transition climatique n’a pas été prise en compte par le marché. Notre portefeuille est investi à 70 % sur le marché américain, sur lequel nous avons une bonne connaissance et nous voyons bien les différences qu’il y a avec l’Europe ou l’Asie. La prise de conscience de ces enjeux est bien plus importante en Europe.
Véronique Le Heup - L’ère Trump n’a pas beaucoup aidé à la nécessité de cette prise de conscience ! Aux États-Unis, on commence à peine à s’interroger sur la façon de flécher les flux de l’épargne vers la transition énergétique et, donc, de s’adresser aux particuliers. Certains États républicains comme le Texas, la Floride ou la Virginie-Occidentale sont même très réfractaires, encore aujourd’hui, et ne favorisent pas du tout les investissements responsables.
Anna Väänänen - Et pourtant, après la Californie, le Texas arrive en deuxième position en matière d’investissements dans les énergies renouvelables, car c’est un secteur rentable. Ces investissements ne sont pas motivés par la lutte contre le réchauffement climatique, mais par le profit.
Véronique Le Heup - On est loin du triptyque du développement durable, à savoir un développement...