Dès l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, les quelques éléments du programme économique du candidat élu ont incité les marchés à anticiper une accéleration de l’inflation.• Quels sont les éléments qui plaident en faveur d’un retour de l’inflation ? Faut-il s’en réjouir ? Pourquoi ?• Pour autant, dans quelle mesure ce qui devient une hypothèse crédible outre-Atlantique aura-t-elle des implications dans une Europe encore engluée dans une croissance molle ?• Quels seraient les effets positifs et négatifs pour la zone euro ? Quelles différences selon les pays ?• Quelles sont les conséquences pour les investisseurs ?• Quelles classes d’actifs faut-il privilégier : les obligations indexées sur l’inflation, les obligations à taux révisables, les actions ?
Le thème de la reflation s'impose
L’année 2016 avait débuté sur la perspective d’un ralentissement de l’économie américaine et des craintes déflationnistes. Un an plus tard, c’est le thème de la reflation qui s’impose. Comment expliquez-vous cette évolution ? Est-elle liée à l’élection de Trump ? Peut-on parler de changement de paradigme ?
Nicolas Dubus, gérant, Groupama AM : Avant l’élection de Trump en novembre, le marché avait déjà fait les deux tiers du chemin. La thématique était présente aux Etats-Unis bien avant, les dépenses d’infrastructures étant présentes dans les programmes des deux candidats, ce qui est positif pour l’inflation. Auparavant, les matières premières, notamment énergétiques, avaient atteint leur point bas à la fin de l’hiver et commencé une remontée significative. Les effets de base ont été positifs sur l’inflation, ce qui a profité à la classe d’actifs bien avant l’élection américaine. De même, durant l’année 2016, il y a eu d’autres facteurs globaux qui ont eu des effets positifs : les prix à la production, en particulier en Chine, ont augmenté de façon significative, ce qui s’est traduit par une hausse des prix des produits manufacturiers.
Antoine Lesné, responsable stratégie et recherche SPDR ETF Europe, State Street Global Advisors : Le marché a réinvesti dans la thématique inflation quand la Chine a commencé à exporter de nouveau de l’inflation. La thématique existait déjà aux Etats-Unis début 2016. Il y a eu des mouvements en cours d’année destinés à rattraper les anticipations d’inflations très basses en février 2016.