Face à l’inflation, les banques centrales poursuivent leurs politiques de resserrement monétaire. Aux États-Unis, les taux commencent à devenir une alternative aux marchés actions, mais c’est encore loin d’être le cas dans la zone euro. Pour autant, certaines classes d’actifs obligataires, notamment le crédit high yield, délivrent des rendements attractifs.Funds s’interroge sur la meilleure façon de s’exposer aux marchés obligataires dans un contexte de forte volatilité et de craintes liées à la récession.
• Faut-il privilégier certaines classes d’actifs obligataires ou favoriser une gestion obligataire flexible ?• Dans le crédit, quels sont les facteurs de soutien ? Comment vont évoluer les taux de défaut ? • Les rendements offerts par le high yield sont-ils suffisamment attractifs ? Quels sontles secteurs à privilégier ?
- Les marchés obligataires ont été très secoués en 2022. Quel est pour vous le fait le plus marquant ?
- Que faudrait-il pour qu’il y ait vraiment capitulation ?
- Cette capitulation est-elle vraiment inévitable ?
- La situation est-elle très différente entre les Etats-Unis et l’Europe ?
- Le risque de récession est-il intégré dans les valorisations ?
- Quels sont les éléments qui plaident aujourd’hui en faveur des obligations ?
- Vous avez indiqué précédemment que les valorisations actuelles laisseraient apparaître un taux de défaut de 7 %. A combien se situe-t-il actuellement ? Que peut-on dire sur la santé des entreprises comparée à la crise de 2008 ?
- Quels sont les secteurs les plus exposés aux défauts ?
- Où se trouvent les opportunités ? Faut-il privilégier certains secteurs ou types d’émetteurs ?
- De nombreux fonds à échéance ont été lancés récemment. Pouvez-vous nous rappeler leurs atouts ?
Les intervenants
- Nicolas Leprince, gérant, Edmond de Rothschild Asset Management
- Stephan Mazel, responsable de la gestion crédit, Groupama Asset Management
- Benjamin Le Roux, responsable du pôle aggregate/monétaire, Lazard Frères Gestion
- Edouard Faure, responsable de la gestion high yield, Swiss Life Asset Managers
- Akram Gharbi, responsable gestion crédit high yield, La Française Asset Management
Les marchés obligataires ont été très secoués en 2022. Quel est pour vous le fait le plus marquant ?
Stephan Mazel : La corrélation positive entre les taux et les spreads est, sans aucun doute, l’élément le plus marquant de l’année. En général, dans les phases d’aversion au risque, les spreads s’écartent, mais au moins les taux, qui sont là pour nous supporter, baissent. C’est une des rares années durant laquelle on a eu cette corrélation : des taux et des spreads qui montent, ce qui se traduit par des performances extrêmement négatives sur la classe d’actifs crédit investment grade et high yield.
Benjamin Le Roux : Peu de gérants ont connu dans leur carrière cette configuration de taux et de spreads qui montent. Le phénomène trouve sa source dans les niveaux élevés d’inflation et l’action des banques centrales. Nous vivons cette année une situation historique de hausse durable des taux et des spreads, entraînant des performances négatives, jusqu’à -20 % sans qu’il y ait eu de catastrophe sur le choix de valeurs, mais uniquement dues à l’effet marché.
Edouard Faure : Autre fait inédit cette année : il n’y avait pas vraiment de secteurs refuges ! Les secteurs défensifs ont souffert de leurs corrélations importantes aux taux, les plus cycliques ont souffert des risques croissants de récession et donc des écarts de spreads. Avoir des durations courtes en début d’année et du cash en portefeuille était un des seuls moyens d’éviter les performances très négatives.
Akram Gharbi : Le bilan est très négatif en termes de performances pour la classe d’actifs, surtout sur la partie...