L’inflation et la récession économique qui se confirme rendent l’environnement de plus en plus complexe pour les investisseurs. Dans ce contexte, avec en toile de fond la normalisation des politiques monétaires et le conflit ukrainien, Funds s’interroge sur les opportunités à exploiter sur le marché du crédit.
• Quels sont les principaux risques identifiés : remontée des taux, taux de défaut en hausse, risques de refinancement … ?
• Faut-il privilégier le high yield ? Arbitrer certains marchés ?
• Comment gérer une exposition au high yield dans le contexte actuel ?
• Quel est l’intérêt de s’exposer via des fonds à échéance ?
- L’inflation a obligé les banques centrales à agir plus rapidement et de façon plus agressive que prévu. Quelles ont été les conséquences pour les classes d’actifs obligataires ? Comment se sont comportés le crédit investment grade et le high yield ?
- La perspective d’une récession économique et la hausse des taux de défaut sont-elles inquiétantes ?
- Pourquoi une telle anticipation de la hausse des défauts…
- Vous évoquez des points d’entrée intéressants sur le marché du high yield. Est-ce que cela se matérialise dans les flux ?
- Quels sont les atouts d’un fonds à échéance pour s’exposer à la classe d’actifs high yield ?
Les intervenants :
- Alain Krief, responsable de la gestion obligataire, Edmond de Rothschild Asset Management
- Thomas Peyre, portfolio manager, IVO Capital Partners
L’inflation a obligé les banques centrales à agir plus rapidement et de façon plus agressive que prévu. Quelles ont été les conséquences pour les classes d’actifs obligataires ? Comment se sont comportés le crédit investment grade et le high yield ?
Alain Krief : L’inflation est aujourd’hui le cœur du sujet, avec comme conséquence la remontée des taux par les banques centrales pour lutter contre. En fin d’année dernière, considérant que cette inflation n’était plus transitoire, la Fed a décidé d’agir clairement, suivie par d’autres banques centrales. La BCE a enfin pris la mesure aussi et annoncé une politique monétaire plus restrictive. Elle envisage désormais de remonter les taux pour lutter contre l’inflation dans la zone euro, mais aussi pour réduire la demande.
La pandémie a réveillé cette inflation en mettant à l’arrêt l’activité de façon brutale, puis en la relançant d’un coup. Cette inflation a été accentuée par le conflit en Ukraine et la politique zéro Covid de la Chine, qui ont provoqué de nouvelles pénuries et accru les pressions sur les matières premières énergétiques et agricoles. Conséquence : une remontée des taux spectaculaire et rapide décidée par la Fed et, aujourd’hui, par la BCE ! Ce qui a provoqué, au sein des marchés, des changements de paradigme et des questionnements sur la suite. Depuis le début de l’année, les performances sont négatives aussi bien pour les actions que pour les obligations, quelle que soit la qualité du crédit, investment grade ou high yield. Les anticipations fortes de remontée des taux sont déjà prises en compte par les marchés. Mais les valorisations actuelles intègrent-elles tous les risques ? C’est en fonction de notre scénario sur la suite que nous allons sélectionner certaines classes d’actifs au sein de l’obligataire qui nous paraissent intéressantes.