Après deux années de forte hausse des marchés financiers, il semble plus difficile de générer de la performance en 2014. Du côté des obligations, les obligations des Etats réputés sûrs ne rapportent plus rien et, dans le crédit, seules les obligations high yield offrent un rendement attractif. Funds s’interroge sur l’évolution de cette classe d’actifs (taille du marché, qualité des émetteurs…). Comment investir dans le high yield ? La prise de risque est-elle bien rémunérée ? Faut-il préférer le high yield européen ? Comment gérer la corrélation avec les actions au sein d’un portefeuille ?
Sensibilité du high yield à la remontée des taux
Funds : Il y a beaucoup d’inquiétudes liées à la remontée des taux. Dans ce contexte, qu’est-ce qui rend le high yield attractif ? Est-ce une classe d’actifs moins sensible à la remontée des taux que les autres segments obligataires ?
Frédéric Salomon, gérant, Schelcher Prince Gestion : Le crédit high yield n’est pas immunisé contre la hausse des taux, surtout si elle est importante. Une hausse modérée des taux américains et, par effet de corrélation, des taux en Europe de l’ordre de 50 points de base – ce que semblent annoncer les économistes et les analystes de différentes banques –, implique des risques pour le marché obligataire dans son ensemble. Dans le high yield, il faut être attentif au segment BB, car les spreads sont très serrés. Ils n’ont plus la capacité d’absorber des chocs de taux. Le segment B, qui est valorisé autour de 450/500 pb, peut mieux encaisser une hausse modérée des taux. Il ne devrait pas y avoir de valorisation négative sur ces titres-là cette année. Dans l’univers des CCC, la corrélation est beaucoup plus forte sur les marchés actions que sur les taux.
Benoît Soler : Historiquement, nous constatons que la corrélation entre le high yield et les taux n’est pas constante. Plus les spreads se resserrent, plus cette corrélation implicite a tendance à remonter. Sur le segment BB, le coussin me semble également limité.
Le principal risque associé à une remontée des taux serait un éventuel «fly to quality». Depuis quelques années, la classe d’actifs a...