Les marchés actions ont connu un début d’année chaotique, avec des séances de forte baisse. Pour les investisseurs, ces périodes de volatilité sont difficilement supportables et, avec quelques semaines de décalage, la classe d’actifs a subi des rachats importants. Pour rendre la classe d’actifs plus attractive, une offre de gestion s’est développée autour de la notion d’actions à faible volatilité. Funds s’interroge sur l’intérêt d’investir dans ce type de fonds.
- Que recouvre cette notion de volatilité ?
- La collecte sur les fonds «low vol» est-elle corrélée aux pics de volatilité sur les marchés ?
- Les fonds actions «low vol» peuvent-ils être gérés de façon active ?
- L’utilisation de produits dérivés est-elle nécessaire ?
- Ces stratégies induisent-elles des biais dans les portefeuilles ?
- Les stratégies «low vol» sont-elles plus efficientes sur certains marchés ou zones géographiques ?
Que recouvre cette notion de volatilité ?
Nicolas Just
Il n’y a pas une, mais deux volatilités : premièrement, la volatilité réalisée sur le marché – ou volatilité «historique» –, qui peut être calculée facilement par rapport à la performance des actifs ; il y a aussi la volatilité implicite, tirée du prix des options, qui permet d’avoir une idée des anticipations des investisseurs. Quand on parle de stratégie à faible volatilité, on se réfère à la volatilité réalisée plutôt qu’à la volatilité implicite. On parle de volatilité réalisée, car le constat de l’existence d’une anomalie de volatilité sur les marchés remonte à plusieurs années. En sélectionnant des valeurs historiquement moins volatiles, les portefeuilles ont tendance à surperformer les marchés sur le long terme. C’est vrai pour les actions, mais beaucoup moins pour les autres classes d’actifs.
Laurent Lagarde
La volatilité réalisée est une mesure de risque sur les rendements des actions mesurée dans le passé. Depuis 2015, la volatilité sur un indice comme le MSCI a pratiquement doublé. Le niveau actuel de volatilité se situe à environ 20 %. En investissant dans des actions à faible volatilité, le risque de l’investissement se réduit. Ce côté défensif procure un avantage dans des contextes de marchés où la volatilité est élevée, car il va amortir la baisse. Une question se pose cependant : que joue-t-on en investissant dans des actions à faible volatilité ? Un côté purement défensif ? La réponse est non. On joue une anomalie de faible volatilité qui, au-delà de permettre un...