Rotation de styles de gestion, inflation, remontée des taux et guerre en Ukraine... le début d’année a été bien agité sur les marchés financiers. Funds s’interroge sur la réactivité des gérants diversifiés dans un tel environnement.
•Quels sont les impacts de ces multiples chocs, sur les marchés financiers à court terme et sur les perspectives de croissance économique à moyen terme ?
•Comment composer désormais avec l’inflation ? Quel est son impact sur les différentes classes d’actifs ? Quid de la remontée des taux et de l’action des banques centrales ?
•Qu’apporte la gestion flexible dans cet environnement ?
•Comment faire évoluer l’allocation d’actifs ? Quelles classes d’actifs privilégier ?
•Comment protéger les portefeuilles ?
- Le choc de la guerre en Ukraine rebat-il les cartes sur les marchés financiers ? Quelle lecture faites-vous de l’environnement actuel alors que le problème de l’inflation a pris encore plus d’ampleur ?
- Le conflit armé remet-il complètement en question la perspective d’une normalisation des politiques monétaires, notamment dans la zone euro ?
- Il y a eu ces dernières années des changements rapides et parfois violents sur les marchés. Face à de tels changements et à la complexité des marchés, la gestion diversifiée est-elle une solution pour les investisseurs ? Comment gérer un portefeuille dive
- En ce qui concerne les valorisations justement, sont-elles moins élevées après les récentes corrections ?
- La situation est donc très différente de celle de mars 2020…
- Comment sont positionnés vos portefeuilles aujourd’hui ? Dans un souci de diversification, intègrent-ils également une exposition aux actifs émergents dont nous avons peu parlé ?
Les intervenants :
- Michaël Nizard, directeur du département multi-asset et overlay, Edmond de Rothschild AM
- Gilles Etcheberrigaray, directeur général, Invest AM
- Louis d’Arvieu, gérant, responsable de la gestion flexible, Amiral Gestion
- Max Vidmer, client portfolio manager - stratégies globales d’allocation d’actifs, Invesco
- Alexandre Attal, directeur de la gestion multi-actifs, Russell Investments France
Le choc de la guerre en Ukraine rebat-il les cartes sur les marchés financiers ? Quelle lecture faites-vous de l’environnement actuel alors que le problème de l’inflation a pris encore plus d’ampleur ?
Michaël Nizard : En fin d’année dernière, une de nos principales interrogations portait sur la durabilité du pic d’inflation. Trois mois plus tard, le problème s’est accentué sous l’effet de la guerre et de la hausse des coûts d’approvisionnement. Le choc d’offre, qui s’avère de plus en plus structurel, est lié directement au renchérissement des coûts de production, avec l’envolée des prix de l’énergie et, désormais, aussi des matières premières agricoles.
Le fait nouveau de ces dernières semaines concerne le choc de demande. Il risque d’impacter la consommation, celle-ci étant liée à la perte de pouvoir d’achat aussi bien dans le monde occidental que dans les pays émergents. Le pic d’inflation que nous anticipions pour le printemps se décale plutôt vers le second semestre 2022, voire plus loin si c’est le scénario d’enlisement de la crise qui s’impose face à un scénario de guerre éclair. Un troisième scénario est possible, celui d’un scénario extrême avec un embrasement du conflit.
En trois mois, nous sommes passés d’une perspective de croissance forte avec une inflation qui allait se tarir progressivement à un risque d’atterrissage assez fort de la croissance en Europe, et plus modéré aux Etats-Unis et en Chine. Le mix croissance/inflation s’est donc nettement dégradé. La vraie problématique aujourd’hui est de savoir jusqu’à quel point les marchés vont pouvoir digérer des anticipations d’inflation qui montent et une croissance qui, inéluctablement, va ralentir. Pour l’instant, il y a une bonne résilience des marchés actions alors que nous sommes en pleine guerre : mais jusqu’à quand ?