Le début d’année a été un peu poussif pour les obligations convertibles alors que les rendements obligataires restent faibles et que la volatilité s’est intensifiée sur les marchés actions depuis l’éclatement de la guerre en Ukraine. Funds s’interroge sur la sensibilité de la classe d’actifs aux tensions inflationnistes et à la perspective d’une remontée des taux aux Etats-Unis puis en Europe.
• Quels sont les impacts des rotations de style de gestion actions ? • Quels sont les facteurs de soutien de la classe d’actifs ? • Le gisement se renouvelle-t-il ? • Faut-il investir dans des fonds gérés avec une approche mondiale ou privilégier les convertibles européennes ?• Qu’apportent les convertibles dans une allocation d’actifs ?
- 2020 a été une année plutôt favorable à la classe d’actifs et 2021 une année plus contrastée. Pouvez-vous nous rappeler dans les grandes lignes comment se sont comportées les obligations convertibles ces derniers mois ?
- La rotation de style est donc le principal élément qui a pesé sur la classe d’actifs ces derniers mois…
- L’inflation et le contexte géopolitique ont-ils marqué un point de rupture en début d’année ? Quel est l’impact pour les styles croissance et value au sein du gisement convertible ?
- Les nouveaux entrants ont fait évoluer le gisement en matière de secteurs. Les caractéristiques des convertibles émises ont-elles aussi évolué ?
- Comment caractérisez-vous une bonne convertible ?
- Pour investir dans la classe d’actifs, faut-il privilégier une approche par zone géographique ou une approche plutôt globale ? Le marché américain est-il plus attractif que le marché européen ?
- Vous avez évoqué les valorisations attractives des convertibles, le M&A comme facteur de soutien également : quels sont les autres atouts de la classe d’actifs ?
- Qu’apportent les convertibles dans une allocation d’actifs ?
Les intervenants :
- Sébastien Caron, co-responsable du pôle convertibles & crédit, Ellipsis AM
- Emmanuel Naar, analyste-gestionnaire obligations convertibles, Lazard
- Benjamin Schapiro, directeur adjoint de la gestion convertibles, UBP Asset Management (France)
2020 a été une année plutôt favorable à la classe d’actifs et 2021 une année plus contrastée. Pouvez-vous nous rappeler dans les grandes lignes comment se sont comportées les obligations convertibles ces derniers mois ?
Sébastien Caron : Le contexte des deux premiers mois de l’année a été dominé par une forte rotation de style : les valeurs de croissance ont été arbitrées au profit des valeurs value. Or, comme la classe d’actif convertible est représentée par les valeurs de croissance, l’impact a été négatif. Cependant, depuis le début de l’année, aux États-Unis par exemple, les convertibles résistent mieux que les obligations investment grade. L’impact de la hausse des taux est donc bien plus contenu sur les convertibles.
Ce changement lié à la rotation est-il pour autant durable ? Je ne le pense pas. Les valeurs de croissance ont mangé leur pain noir, et ce pour 2 raisons. La première concerne le poids de chaque secteur qui a été normalisé. Avec la baisse des actions, la sensibilité d’une convertible devient plus faible puisqu’elle revient dans une zone mixte. Pour certains secteurs, comme le e-commerce, le poids a été divisé par 2 voire par 4 selon que l’on regarde les indices globaux ou européens. La seconde raison, sans doute plus importante, concerne la valorisation, redevenue aujourd’hui très attractive. Les valeurs de croissance ont déjà beaucoup baissé donc, d’une part, la protection à la baisse est meilleure et, d’autre part, compte tenu du niveau de valorisation, le potentiel de progression est assez élevé.
La rotation de style est donc le principal élément qui a pesé sur la classe d’actifs ces derniers mois…
Sébastien Caron : En effet, cette rotation a débuté mi-2021 pour certaines valeurs. Entre fin juin 2021 et aujourd’hui, la valorisation de Zalando a, par exemple, été divisée...