Les fonds à performance absolue ont été globalement décevants ces dernières années, car bien peu sont parvenus à délivrer un rendement positif à la hauteur des objectifs annoncés. Funds s’interroge sur la pertinence d’avoir ce type de fonds en portefeuille. • La classe d’actifs est-elle affectée par les revirements des banques centrales ? La perspective d’avoir des taux bas, voire négatifs, de façon durable, du moins dans la zone euro, est-elle un frein ou un atout pour ce type de gestion ? • L’environnement actuel est-il plus propice à certaines stratégies ? • Dans les stratégies gérées, quels sont les principaux risques identifiés ? Quelles sont les sources d’opportunité ? Comment générez-vous de l’alpha ? • Quel rôle ces fonds jouent-ils dans un portefeuille ? Quel est le profil des investisseurs ? • Les attentes des investisseurs ne sont-elles pas trop élevées ? Quel horizon de placement ?
- Ces derniers mois, nous avons assisté à un revirement des politiques monétaires des banques centrales. Ce qui n’a pas été sans conséquence sur les marchés. Quelle influence a le contexte actuel sur les stratégies que vous gérez ? Comment vous adaptez-vous
- L’utilisation de l’effet de levier évoqué précédemment est-elle une des caractéristiques de la gestion à performance absolue ? Comment définissez-vous ce style de gestion ?
- Pourtant, la gestion à performance renvoie souvent à l’idée de boîte noire et à l’utilisation d’instruments complexes…
- L’objectif de rendement positif quel que soit l’environnement des marchés ne suscite-t-il pas trop d’attentes ? Cet objectif doit-il être envisagé sur un horizon d’investissement déterminé ?
- Sur des stratégies long/short actions, peut-on s’extraire d’un environnement comme celui de fin 2018 ?
- Les investisseurs sont-ils aujourd’hui en capacité de sélectionner et d’assembler ces différentes stratégies dans un portefeuille ? Les investisseurs institutionnels sont plus avertis, mais qu’en est-il des banques privées ou des CGP ?
- Quand on a une offre de fonds alternatifs assez large, quelles sont les stratégies mises en avant aujourd’hui ?
- Comment convaincre les investisseurs de s’intéresser davantage aux stratégies alternatives ?
Ces derniers mois, nous avons assisté à un revirement des politiques monétaires des banques centrales. Ce qui n’a pas été sans conséquence sur les marchés. Quelle influence a le contexte actuel sur les stratégies que vous gérez ? Comment vous adaptez-vous
Eric Bendahan, fondateur et gérant, Eleva Capital : L’environnement de taux bas est, en théorie, plutôt porteur pour les stratégies de performance absolue. C’est en partie à cause de la faiblesse des taux qu’il y a eu de l’engouement pour ces produits. Beaucoup d’institutions sont confrontées à la nécessité de trouver du rendement. Les banques privées, dans le cadre de la gestion sous mandat, se retrouvent par exemple avec des clients ayant des profils défensifs et des perspectives de rendement quasiment nulles. Dans certains pays comme l’Italie, où les particuliers investissaient en direct, les obligations arrivent à maturité et les investisseurs se retrouvent avec des taux de rendement très bas.
L’environnement de taux bas pose aussi de nombreux problèmes aux assureurs. La plupart essaient désormais de limiter la collecte des fonds en euro. Cela crée un besoin de nouvelles stratégies. A nous, en tant que gestionnaires, de tirer des performances positives pour convaincre les investisseurs !
Emmanuel Terraz, global head of absolute return & quantitative equity, Candriam : Comme les taux sont presque à 0 et que les actions ont globalement bien progressé, les rendements que nous pouvons espérer sont de facto de moins en moins élevés. Par conséquent, les rendements attendus pour les stratégies alternatives baissent aussi. C’est un problème pour nous comme pour toutes les classes d’actifs. Mais nos stratégies de gestion ont notamment l’avantage de pouvoir utiliser du levier. Cela permet de retrouver du rendement sur des stratégies sur lesquelles le rendement s’est écrasé.