Des tensions inflationnistes accrues, la remontée des taux et l’éclatement de la guerre en Ukraine n’ont fait qu’accentuer le désamour des investisseurs pour la classe d’actifs. Alors que de nombreux risques se sont matérialisés et que les perspectives de croissance économique semblent s’assombrir, les marchés actions subissent de nombreux épisodes de volatilité. Funds s’interroge sur l’opportunité de revenir sur ce segment de la cote.
• Quelles sont les caractéristiques de la classe d’actifs ?
• Comment se comporte-t-elle dans le contexte actuel ? Les mid&small caps sont-elles plus volatiles que les large caps ?
• Dans quelle mesure a-t-elle été affectée par les rotations de style ? Quels sont les risques qui pèsent sur les petites et moyennes valeurs (inflation, hausse des taux, risque de révision des prévisions de résultats) ?
• Quels sont les facteurs de soutien de la classe d’actifs ? La classe d’actifs a-t-elle profité de la création du label Relance ? Des grands enjeux liés à la transition énergétique ?
• Quels sont les secteurs à privilégier ?
- Depuis quelques semaines, plusieurs éléments ont dégradé l’environnement des marchés, notamment les perspectives économiques. Comment ce changement de contexte affecte-t-il les marchés actions et plus précisément les mid&small caps ?
- Les arbitrages en faveur du style value ont-ils fortement pesé sur les flux et les performances des petites et moyennes valeurs ?
- Existe-t-il des différences de comportement des valeurs moyennes en fonction des pays ? Une meilleure résilience des mid&small caps françaises éventuellement ? Le segment des mid caps et celui des small caps évoluent-ils de la même manière ?
- Même si les small caps sont moins liquides ? La situation n’est donc pas comparable à celle de 2020…
- Peut-on considérer que les valorisations des mid&small caps sont désormais attractives ? Intègrent-elles déjà des révisions à la baisse des bénéfices ?
- La sélectivité du gérant est donc très importante sur cette classe d’actifs ?
- En plus des enjeux de la transition énergétique, la création du label Relance contribue-t-elle à l’attractivité des petites et moyennes valeurs ? Au renouvellement de la cote ?
- Quelle est votre politique en matière d’introduction en Bourse ? Dans certains secteurs, les prix d’introduction étaient plutôt élevés l’an dernier …
- Quels sont les secteurs qui offrent le plus d’opportunités aujourd’hui ? Les fonds que vous gérez ont-ils des biais ou sont-ils bien diversifiés ?
- L’intégration des critères ESG est-elle plus complexe et plus contraignante dans la gestion des fonds mid&small caps ? Avez-vous facilement accès aux données extra-financières ?
Les intervenants :
- Fabrice Masson, directeur des gestions actions, BFT IM
- Ingrid Pfyffer-Edelfelt, gérante, Eleva Capital
- Jean-Luc Ménard, gérant, Crédit Mutuel AM
Depuis quelques semaines, plusieurs éléments ont dégradé l’environnement des marchés, notamment les perspectives économiques. Comment ce changement de contexte affecte-t-il les marchés actions et plus précisément les mid&small caps ?
Ingrid Pfyffer-Edelfelt : Depuis le début de l’année, les petites et moyennes valeurs sous-performent en effet les grandes capitalisations boursières. Rappelons quand même que depuis 2000, la performance de la classe d’actifs est 2 fois supérieure à celle des large caps ! Dans les périodes de stress sur les marchés, ces valeurs souffrent davantage en raison d’une liquidité plus faible, ce qui amplifie les mouvements à la baisse… mais aussi à la hausse dans les phases de rebond. Nous avons comme règle, dans notre gestion, d’investir uniquement dans des titres suffisamment liquides (un million d’euros échangé par jour) qui nous permettent de liquider 95 % du fonds en 5 jours. Par ailleurs, dans le contexte actuel, la classe d’actifs souffre de son caractère cyclique. Dans ce segment de la cote, il y a moins d’utilities, de télécoms ou de banques, qui amortissent les cycles, que dans les indices des grandes valeurs.
Fabrice Masson : Sur le long terme, la surperformance des petites valeurs est évidente, mais, depuis quelques années, c’est un peu plus compliqué pour la classe d’actifs pour plusieurs raisons, notamment les doutes sur le cycle ces derniers mois. Or, les petites valeurs ont une dimension cyclique plus importante. Ces six derniers mois, le marché se caractérise par un manque de visibilité, aussi bien sur les taux d’intérêt que sur la conjoncture économique. À cela s’ajoute la guerre en Ukraine depuis mi-février. Cet environnement anxiogène n’incite pas les...