L’investissement responsable séduit de plus en plus la clientèle privée, comme le montrent les flux depuis un an. Et l’offre de gestion ne cesse de s’étoffer. • Dans l’univers des fonds responsables, les stratégies à impact répondent-elles mieux à la quête de sens des investisseurs ? • Comment définir un investissement à impact ? • Quelle est la promesse des fonds à impact ? • Dans un fonds à impact, comment les titres sont-ils sélectionnés (critères financiers, potentiel d’appréciation ou évaluation de l’impact dans un thème défini) ? • Comment concilier rendement et impact ? • Comment rendre compte de l’impact ? • Quel suivi mettre en place ? • Quelles sont les thématiques d’impact les plus recherchées ?
- La communication autour de l’investissement responsable, de l’ESG et de l’impact s’est intensifiée, mais la compréhension de ces sujets n’est pas toujours évidente. Les investisseurs devraient-ils se méfier du « greenwashing » ?
- Comment définissez-vous l’investissement à impact ?
- Comment met-on en œuvre les objectifs de durabilité ? La gestion part-elle de ces objectifs pour constituer un portefeuille ?
- Il y a dans vos portefeuilles respectifs des entreprises ayant des niveaux de contribution à un objectif durable et des engagements très différents. L’impact est donc mesuré de façon globale, au niveau portefeuille ?
- La sélection de « pure players » dont l’impact est bien identifié ou des entreprises les mieux notées sur le plan ESG ne réduit-elle pas l’univers d’investissement ? Ne risque-t-on pas de retrouver toujours les mêmes noms dans les portefeuilles ?
- Avec peut-être le risque de voir arriver de nouveaux acteurs en Bourse avec des niveaux de valorisation très élevés parce qu’ils surfent sur des thématiques à la mode…
- Comment mesurez-vous l’impact de vos fonds ? Quelle information peut être restituée aux clients ? Comment parvenir à un équilibre entre la performance financière et l’impact environnemental et/ou social ?
- Comment réagit la clientèle privée à l’investissement à impact ? Y est-elle sensible ? Peut-on considérer que c’est l’avenir de l’investissement responsable ?
- C’est sur la thématique de l’environnement que l’offre de fonds à impact s’est beaucoup développée. Pensez-vous que la dimension sociale va également prendre de l’importance ?
La communication autour de l’investissement responsable, de l’ESG et de l’impact s’est intensifiée, mais la compréhension de ces sujets n’est pas toujours évidente. Les investisseurs devraient-ils se méfier du « greenwashing » ?
Raphaël Thuin, directeur des stratégies de marchés de capitaux, Tikehau Capital : Au-delà des problèmes qui peuvent concerner certains acteurs, il y a des interrogations sur la façon d’évaluer les investissements responsables et de les suivre. Prenons l’exemple du montant d’encours ESG sur le total des encours gérés dans le monde : d’un fournisseur de données à un autre, le chiffre varie de 4 à 35 %. Il y a donc bien un problème de définitions en matière d’investissement responsable.
Thibault Amand, directeur des ventes pour la France, Vontobel : Dans le cadre de l’application du règlement SFDR, nous avons eu l’intuition, très rapidement, que les régulateurs n’hésiteraient plus à sanctionner les sociétés peu regardantes en matière de transformation des encours en article 8 et article 9.
Nicolas Bénéton, senior client portfolio manager, Robeco : Il y a une dizaine d’années, nous étions un certain nombre à penser que la victoire de l’ESG passerait par sa dilution dans la gestion. C’est ce qui se passe aujourd’hui. Parler de fonds ESG n’a plus vraiment de sens. Quelle société de gestion irait revendiquer aujourd’hui de ne pas faire d’ESG ? Mais cette démocratisation s’est faite dans une version sans doute un peu moins exigeante. C’est la même chose pour l’impact. Les acteurs historiques de la microfinance et des investissements à impact dans le non-coté doivent regarder avec suspicion l’offre qui se développe dans le coté et s’applique à de très larges allocations. Cependant, dans le même temps, l’impact s’est largement étendu, et c’est une victoire pour l’intégration de la durabilité dans la gestion à une large échelle, même s’il y a des interrogations et des imperfections.