L’année 2021 s’achève sur de belles performances pour les actifs risqués, en particulier les actions des pays développés, mais l’horizon semble s’assombrir pour les investisseurs. Les plans de relance aux Etats-Unis et dans la zone euro vont soutenir la croissance, mais certains éléments devraient continuer à perturber l’environnement (dérèglement de l’offre mondiale, hausse des salaires, ampleur et durée de l’inflation, interrogations sur la Chine, etc.). Funds dresse un bilan de l’année écoulée et s’interroge sur les perspectives macroéconomiques pour 2022.
• Quels sont les facteurs de soutien de la croissance mondiale ?
• Quels sont les risques qui pèsent sur les marchés financiers ?
• Quid de l’impact du « tapering » sur les différentes classes d’actifs ?
• Faut-il craindre une correction sur les marchés actions ?
• Quelle allocation d’actifs privilégier pour affronter 2022 ?
• Comment protéger les portefeuilles ?
- Quel a été pour vous le fait le plus marquant de l’année 2021 ? Une bonne ou une mauvaise surprise ayant eu un impact sur vos allocations d’actifs ?
- C’est aussi vrai en Europe qu’aux Etats-Unis ?
- Il y a quelques semaines encore, l’inflation était perçue comme un phénomène transitoire qui se résorberait durant les premiers mois de l’année 2022. Désormais, elle est envisagée de façon plus durable. Comment expliquez-vous ce changement de perception ?
- Quelles sont les conséquences de cette inflation sur les perspectives macroéconomiques de 2022 ? Anticipez-vous un ralentissement de la croissance économique mondiale ? De quelle ampleur ? Quels sont les facteurs de risque ?
- Doit-on s’attendre à une remontée des taux en 2022 et à l’apparition de divergences entre les principales banques centrales après qu’elles ont agi dans le même sens ces dernières années ?
- Les actifs risqués, dont les actions, ont bien performé en 2021, notamment les indices boursiers des pays développés.
- La plupart des classes d’actifs sont bien valorisées. Quelle allocation d’actifs construire dans un contexte d’inflation persistante et de décélération de l’économie ?
- Comment protéger les portefeuilles ?
De gauche à droite : Julien-Pierre Nouen, directeur de la gestion diversifiée, Lazard Frères Gestion, Jean-Louis Delhay, directeur de la gestion diversifiée et opportunité, Crédit Mutuel AM, Alexandre Attal, directeur de la gestion multi-actifs, Russell Investments France, Michaël Nizard, directeur du département multi-asset et overlay, Edmond de Rothschild AM, Paul Jackson, responsable global de la recherche en allocation d’actifs, Invesco
Quel a été pour vous le fait le plus marquant de l’année 2021 ? Une bonne ou une mauvaise surprise ayant eu un impact sur vos allocations d’actifs ?
Jean-Louis Delhay : Le ralentissement de l’économie chinoise, cet été, a été un événement majeur de 2021. Il n’était pas facile à anticiper et il a eu des impacts sur nos portefeuilles désormais sous-pondérés sur les marchés émergents de façon générale, et en particulier sur les actions chinoises. Certes, il y avait eu une petite alerte lors de la mise en place de la mutation du modèle chinois avec certains secteurs d’activité ciblés, notamment celui de l’immobilier ou de la technologie avec des autorités chinoises intervenant dans la gouvernance de plusieurs grands champions nationaux, mais le ralentissement a été plus fort que ce que nous avions anticipé en début d’année.
Michaël Nizard : En dehors de la Chine, c’est la multiplication des foyers inflationnistes qui nous a particulièrement marqués. Ces tensions sont allées crescendo durant l’année. Elles ont commencé par une pénurie sur les semi-conducteurs, puis l’acheminement des biens vers les zones de consommation a été perturbé par la fermeture de certains ports (Rotterdam, Los...