Conflit russo-ukrainien qui semble sans issue, tensions géopolitiques un peu partout dans le monde et guerre commerciale ont rythmé l’année 2025, qui s’achève pourtant dans le vert pour la plupart des classes d’actifs. Que faut-il retenir de l’année écoulée ? A quoi faut-il s’attendre en matière de croissance économique l’an prochain : des Etats-Unis qui ralentissent, une Europe qui accélère ? Quid du Japon et des économies émergentes ? Quelles sont les classes d’actifs à privilégier dans les prochains mois ? Les thèmes ? Dans un environnement volatil, 2026 confirmera-t-elle le retour en grâce de la gestion active ? Quels seront les risques à surveiller dans les prochains mois ? Comment protéger les portefeuilles ?
- 2025 a débuté avec beaucoup d’interrogations sur le second mandat de Trump et sur les surprises qu’il pouvait réserver. Sur ce point-là, les attentes n’ont pas été déçues ! Quel bilan faites-vous de l’année écoulée ?
- L’économie s’est révélée assez résiliente un peu partout et les marchés terminent l’année sur de belles performances, aussi bien pour les actions que pour les obligations. Comment l’expliquez-vous ?
- Peu d’investisseurs pariaient sur le marché européen fin 2024. Or, l’Europe a été un peu la surprise de l’année ainsi que la performance des actions émergentes. L’exposition à ces deux marchés a-t-elle été revue en cours d’année ?
- Il y a eu un retour des flux internationaux sur les marchés européens… ?
- Quelles sont les perspectives de croissance pour 2026 ?
- Peut-on parler de découplage entre la Chine et les pays asiatiques ?
- Le marché actions japonais a réalisé cette année une belle performance, le yen a beaucoup baissé, les taux montent, une nouvelle première ministre a pris ses fonctions en octobre dernier… Faut-il reconsidérer son exposition au Japon ?
- Les valorisations sont tendues dans l’obligataire et les marchés actions ?
- Pensez-vous que 2026 sera l’année de la revanche de la gestion active sur la gestion passives ?
- Quel est le risque majeur que vous avez identifié pour 2026 et pour lequel vous pourriez mettre en place une protection, si c’est possible ?
Les intervenants :
- Xavier Laurent, CIIA et membre de la direction du pôle solutions, Arkéa AM
- Michaël Nizard, directeur des gestions multi-asset & overlay, Edmond de Rothschild AM
- Michael Israel, président et gérant, IVO Capital Partners
- Julien-Pierre Nouen, directeur de l’allocation d’actifs et de la gestion diversifiée, Lazard Frères Gestion
2025 a débuté avec beaucoup d’interrogations sur le second mandat de Trump et sur les surprises qu’il pouvait réserver. Sur ce point-là, les attentes n’ont pas été déçues ! Quel bilan faites-vous de l’année écoulée ?
Xavier Laurent - Parmi les éléments marquants de 2025, en dehors effectivement du Liberation Day, ce qui m’a frappé, c’est la manière dont l’Europe a finalement pris le relais des tensions politiques. Entre la France et l’Allemagne, où des élections ont eu lieu, nous pensions être relativement tranquilles cette année, mais la politique est revenue au premier plan et a pesé sur la visibilité des investisseurs. Ce bruit politique a dominé une bonne partie de la deuxième moitié de l’année. Parallèlement, l’environnement des pays émergents a été étonnamment stable. Malgré quelques sujets politiques et les tensions avec la Chine ou la Russie, les marchés émergents ont été plutôt rassurants pour les investisseurs – ce qui n’est pas toujours le cas lorsque les périodes sont dominées par les chocs politiques occidentaux. C’est un des points marquants également de 2025.
Michael Israel - Sur les marchés émergents, pour les corporates comme pour les souverains et les devises locales, les taux américains sont un élément clé. Fin 2024, on parlait beaucoup des baisses de taux à venir, mais ce que je retiens de cette année, c’est que ces baisses n’ont pas été aussi rapides ni aussi fortes qu’attendu. Pour un investisseur obligataire, ce n’est pas une mauvaise nouvelle : un environnement de taux d’intérêt qui restent élevés plus longtemps et des taux réels positifs permettent de continuer à profiter de niveaux de portage très intéressants.
La baisse du dollar a aussi été un élément favorable...