Les taux n’ont jamais été aussi bas, mais les investisseurs continuent d’allouer sur les obligations. Funds s’interroge sur le comportement des marchés obligataires depuis le début de l’année : Quel est le bilan en matière de performance et de flux ? Que dire de l’intervention des banques centrales ? Quelle marge de manœuvre reste-t-il à la BCE ? Quels actifs obligataires offrent le meilleur couple risque/rendement (high yield, subordonnées financières, obligations souveraines périphériques, dette émergente) ? Enfin, Funds s’interroge sur l’évolution de la gestion obligataire et sur les produits les mieux adaptés aux besoins des investisseurs.
- Le comportement des marchés obligataires depuis le début de l'année
- Taux bas, voir négatifs : quelles conséquences pour la classe d'actifs et les investisseurs ?
- L'impact d'un éventuel Brexit sur les marchés obligataires
- Les mesures prises par la BCE en mars ont-elles eu des effets positifs sur les marchés ?
- Offre de fonds obligataires : quelles évolutions à prévoir ?
Le comportement des marchés obligataires depuis le début de l'année
Florent Delorme
Les deux premiers mois de l’année ont été difficiles pour le crédit, ce qui a suscité beaucoup d’interrogations chez les investisseurs. Début mars, après les annonces de la BCE et la stabilisation du prix du pétrole, la classe d’actifs crédit s’est mieux comportée. La dette corporate a retrouvé de l’attrait : les rendements actuariels sont assez élevés, tandis que l’environnement plus stable permet de penser que les tensions sur le crédit sont plutôt derrière nous.
Le début d’année difficile a-t-il entraîné des sorties importantes sur les fonds obligataires ?
Florent Delorme
Non, cela n’a pas été le cas, car la séance de stress sur les marchés a été trop courte pour enclencher des mouvements importants de réallocation.
Julie Gualino-Daly
Les sorties ont été importantes sur le marché du high yield, particulièrement sur le high yield américain. Ces sorties ont été en revanche contrebalancées en mars par les flux sur le marché européen, à la suite des annonces de la BCE.
Julien Daire
Le désengagement sur le marché américain du high yield a été amorcé mi-2014, en parallèle de la baisse du cours du pétrole. Malgré une période d’accalmie début 2015, cette classe d’actifs a fortement décollecté. Les sorties ont massivement concerné le high yield US, avec une contagion sur le marché high yield européen par le biais des fonds globaux. Il était d’ailleurs surprenant de voir le high yield euro souffrir autant que le high yield américain alors que les fondamentaux n’étaient pas du tout les mêmes. Il n’y a pas d’exposition aussi importante à l’énergie et aux matières premières en Europe. Par ailleurs, la zone euro est dans une phase de reprise de la croissance, aidée par la baisse de l’euro jusqu’en mars 2015.
La deuxième surprise concerne le «fly to quality» : les taux...