2016 s’annonçait comme une année favorable aux actions européennes mais très volatile. Le début d’année est surtout très chaotique et, à la mi-février, les indices européens accusent des baisses de plus 15 %. Funds s’interroge sur l’opportunité d’investir dans les actions européennes.
Pourquoi une telle débâcle sur les marchés ?
Eric Turjeman, directeur des gestions actions et convertibles, OFI AM : Il n’y a pas eu de véritable changement en janvier, mais plutôt une accentuation de problèmes déjà présents sur les marchés. Quelle que ce soit l’opinion des uns et des autres sur l’évolution des marchés, tout le monde s’accorde sur un point : la croissance est et sera moins forte dans les années et les décennies à venir pour des raisons structurelles. Plus personne n’anticipe des taux de croissance de 5 ou 6 % comme dans les années 1990 et 2000. Pour certains, la croissance mondiale va ralentir mais se maintenir entre 2 et 3 %. D’autres pensent, au contraire, qu’elle sera bien plus faible et envisagent même une récession. Certains facteurs peuvent alimenter cette dernière thèse, notamment le pétrole, l’économie chinoise et les politiques des banques centrales. Depuis début janvier, l’effondrement du prix du pétrole accrédite plutôt la thèse d’une récession. Ce n’est pas notre scénario.
Bruno Fine, président, Roche-Brune AM : L’effet aubaine lié à l’alignement des planètes (prix du pétrole, taux d’intérêt bas et baisse de l’euro) s’est transformé en coup de massue. Et suscite des interrogations : l’alignement des planètes a-t-il réellement bien marché ? Des taux durablement faibles ne sont-ils pas le signe que la croissance économique est restée en panne ? Le pétrole à 40 dollars le baril est une bonne nouvelle mais, à 20 dollars, l’écosystème des pays producteurs n’est-il pas en péril ?
Le coup de massue...