Expertise

Non, toutes les PA ne se ressemblent pas !

Publié le 20 février 2026 à 10h00

Anne del Pozo    Temps de lecture 7 minutes

A moins de 140 jours ouvrés du passage à la facturation électronique en France, il est plus que temps pour les entreprises qui ne l’ont pas encore fait de se mobiliser sur ce sujet. La démarche est d’autant plus impérieuse que le choix de la plateforme agréée (PA) doit être mûrement réfléchi… Contrairement à certaines idées reçues, toutes les PA ne se ressemblent pas…

« Avec très bientôt plus de 130 plateformes agréées définitivement immatriculées, j’entends souvent que toutes les PA proposent les mêmes services et répondent au même cahier des charges, souligne Christophe Viry directeur produit et marché EDI et e-invoicing de Generix Group. Cette affirmation erronée est toujours défendue par des acteurs qui qualifient les PA de produit d’appel, de simple tuyau, de boîte noire… et vendent des solutions soi-disant gratuites mais qui nécessitent souvent de souscrire à d’autres services qui, eux, sont payants ! »

Une différenciation par les offres de services

Certes, les PA proposent obligatoirement des services minimums qui sont décrits dans un texte datant de 2022. Cependant, elles ont obtenu leur immatriculation définitive en témoignant de tests qu’elles ont réalisés elles-mêmes, parfois manuellement. « A date, nous n’en sommes pas encore à juger le comportement en production de ces PA ou à restituer le rapport de conformité suite à l’audit d’un tiers de confiance, précise Christophe Viry. Les fournisseurs de PA commencent à mettre en place progressivement ces différentes démarches. »

La différenciation des PA se fera donc avant tout sur leur capacité à proposer des services complémentaires au socle de base exigé par la réglementation et sur la profondeur de couverture des services réglementés. « Avant toute chose, et au regard de la diversité des PA actuellement disponibles sur le marché, l’entreprise doit en premier lieu s’assurer de la pérennité du fournisseur de la PA qu’elle choisit, insiste Christophe Viry. Il faut veiller à sa capacité à l’accompagner pendant et après la mise en œuvre de son projet de passage à la facturation électronique, et ce aussi bien en termes de ressources techniques que de compétences humaines. La couverture fonctionnelle et de services proposée par la PA doit également être étudiée de près. »

En effet, un certain nombre de services non obligatoires, mais souvent indispensables, ne se trouvent pas sur toutes les PA :

– le traitement des flux non structurés, dont les factures d’achat international via l’OCR et le vidéocodage des flux ;

– la création des factures de vente via une interface de saisie de facture ;

– la gestion en émission et réception de l’ensemble des formats du socle et la capacité à convertir les formats selon les modèles de chacun des clients ;

– la gestion de tous les statuts du cycle de vie, avec la possibilité de les configurer depuis l’interface et d’appliquer une matrice de cohérence (étapes et acteurs) ;

– la gestion des factures hors périmètre : factures B2C, flux non domestiques, entre membres d’un assujetti, opérations hors champ TVA, etc. ;

– le support des trois voies de sécurisation fiscale : la voie EDI avec le fichier des partenaires et la liste récapitulative, la signature électronique et la gestion de la piste d’audit, avec la production du lisible systématique par la PA engageant sa responsabilité quant à l’intégrité des données ;

– le traitement des trois natures d’e-reporting : B2B international d’achat et vente, transaction avec les non-assujettis et données d’encaissement (pour les assujettis au régime de l’encaissement) ;

– l’archivage à valeur probante de la facture ;

– l’archivage des pièces associées à la facture et à son traitement (lisible, pièces jointes, fichiers statuts, journal de preuve des contrôles, liste récapitulative, table des partenaires…) ;

– la qualification de l’obligation (e-invoicing, e-reporting, hors réforme) via l’analyse de la qualité des assujettis, leur localisation, la nature des opérations, etc. ;

– la gestion de l’ensemble des cas d’usage avec la configuration des préférences pour certains d’entre eux et des tiers.

« Pour les entreprises françaises qui opèrent hors de nos frontières, il est également indispensable qu’elles veillent à la compliance internationale de leur PA et à sa capacité de s’adapter aux réglementations locales à venir sur la facturation électronique, précise Christophe Viry. D’autre part, si une entreprise veut profiter de cette réforme pour automatiser ses processus O2C et P2P, même si ce projet ne se fait que dans un second temps, mieux vaut alors choisir une PA qui propose ces fonctionnalités. Elle bénéficiera alors d’un retour sur investissement plus conséquent et rapide sur l’ensemble de son projet. »

Il convient enfin de préciser que certaines PA, dont Generix, ont engagé des investissements de 5 à 10 M€ en R&D. Elles mobilisent des équipes R&D de quelque 100 collaborateurs. « Pensez-vous que leurs services soient équivalents à ceux qui ont investi 5 à 10 fois moins ? », conclut Christophe Viry.

Pour choisir sa PA, il est donc indispensable pour l’entreprise de ne pas négliger la phase amont de cartographie de ses processus et flux de facturation, de bien identifier ses cas d’usages et de définir le périmètre fonctionnel du projet qu’elle souhaite mettre en place.

Questions à…Christophe Viry, directeur produit et marché des solutions EDI et e-invoicing de Generix Group

La facturation électronique se déploie en Europe et dans le monde : quels enseignements en tirer en France ?

La facturation électronique n’est pas un sujet franco-français. De nombreux pays, notamment en Amérique du Sud, l’ont déjà mise en place dès le début des années 2000. En Europe, l’Italie est le pays précurseur sur le sujet depuis 2019. En 2025, la Croatie a également basculé vers la facturation électronique. Depuis le début de cette année, la Belgique en janvier, suivie de la Pologne et de la Grèce en février, leur ont emboîté le pas et bientôt ce sera au tour de la Slovaquie, de la Slovénie, etc. Autant d’expériences dont la France peut tirer des enseignements avant son propre passage à la facturation électronique en septembre prochain. Par exemple, quel est le pourcentage des entreprises qui sont passées à la facturation électronique dans les délais impartis ? Quels sont les freins qui persistent ? Des sanctions pour les entreprises non conformes sont-elles prévues et appliquées par les gouvernements ?

Quels points de vigilance les entreprises qui évoluent à l’international doivent-elles avoir ?

Les entreprises qui opèrent à l’international doivent veiller à la capacité de leur fournisseur de PA à répondre aux réglementations locales sur la facturation électronique. Cette démarche est d’autant plus importante en Europe avec la mise en place à venir de la directive ViDA en 2030. Les PA doivent à cet effet respecter les standards européens et en particulier la norme EN 16931 qui garantit des factures harmonisées, conformes à la législation et lisibles par les systèmes informatiques dans l’ensemble des pays de l’Union européenne. D’autre part, leur interopérabilité avec les réseaux Peppol France et Peppol International est également une garantie supplémentaire. Ils permettent notamment aux différentes plateformes de communiquer entre elles.

Comment Generix accompagne-t-il les entreprises qui opèrent à l’international ?

Generix est certifié conforme à la norme d’interopérabilité EN 16931 et point d’accès avec le réseau Peppol. D’autre part, notre plateforme est déjà en production dans 25 pays notamment en Europe. Dans les 18 mois à venir, elle sera également compatible avec les mandats de facturation électronique de 25 autres pays de par le monde. A cet effet, Generix travaille sur les fiscalités locales et s’engage à respecter les modèles de facturation électronique de chaque pays. Pour ceux qui exigent une présence locale, comme la Croatie, les Emirats arabes unis ou encore la Grèce, nous travaillons avec des partenaires présents sur place, que nous intégrons dans notre solution.

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